Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 24 januari 1793

A Ryda ce 24 Janvier 1793.
Ankt. den 23 Februari, besvt. den 2 Mars.

Mon Cher Fils! Le même jour que je fis partir ma precedante lettre, ce fut le matin du 14 Decbre, j'eus le plaisir de recevoir, au soir, la Vôtre du 14 Novembre. Et avanthier 22 Court j'eus encore une de Vôtre part du 19 Decbre. J'avois compté Vous écrire le même jour au matin, et les incluses de Vôtre Soeur et de Vôtre Frere Charles étoient écrites dès la veille, quand cette Expedition fut interrompue par une autre plus pressante. Lundi Matin Ve Soeur étoit partie pour Vallhoff, et Ve Frere à Ekolsund à l'Assemblé de Liquidation; Ve Mere, Mlle Coyet et Moi nous avions diné à Ribbinguebec, lorsque sur les 5 heures du soir Charlot y arriva en courant, ayant été de retour d'Ekolsund changer de cheval à Ryda, pour nous y faire retourner un couple d'heures plûtôt que nous ne comptions le faire. Il étoit arrivé à Ekolsund un Courier du Duc Regent avec des ordres de faire marcher dans la nuit suivante toute la Compagnie Majore de Cuirassiers en Armes à la Capitale. Le troupe se dispersa à l'instant pour aller chacun chez soi s'armer, marcher, et se rejoindre le lendemain matin à 8 heures à la Poste de Tibblé, où bien de Cavaliers avoient 7 lieues de Suede de chemin à faire en une nuit. A 9 heures du soir le bagage et 2 chevaux de selle de Ve Frere partirent d'ici, et lui même en fit autant à 11½. Il arriva au rendevous [sic] à 5½ au matin, et la troupe devoit continuer la marche à 10 hes. Il nous manda par une lettre, qu'un des Valets nous rapporta, que selon le Baron de Silverskoeld, venant de Sthlm, et le rencontrant dans la route, tout était parfaitemt tranquille dans la Capitale. La surprise y sera grande, en voyant arriver si subitement, outre la dite Compe et la Colonelle des Gardes Cuirassés, qui marcha en même tems, les Chasseurs du L.R. qui se mirent en marche avanthier, à ce que nous apprimes hier à Torstuna. La lettre qui vint avanthier Mardi de la part de Vôtre Cadet, écrite lundi au soir le 21, marque expressement que le calme étoit parfait à Sthlm, et que la Justice étoit encore à examiner les principaux Acteurs d'une emûte populaire, arrivée le 3 Court, ensuite d'un demelé du 5 dans la place du Sud entre un couple de Bourgeois d'un coté et autant de Soldats de la Nouvelle Garde, assistés d'un Capite de Frese, de l'autre.

Quoique les Favoris et Ministres du dernier regne passent pour entretenir dans le public un esprit de defiance injurieux à la Regence, je suis persuadé, que celleci multiplie un peu trop les precautions armées. Si le Ministre Russe favorise en secret l'esprit de troubles, qui ne paroît point avoir d'objet fixe, dequoi bien de gens sages doutent fort, ce ne sera probablemt que pour faire naître et animer des factions au point de faire reclamer le secours de l'Imperatrice. Si celà arrive, qu'à Dieu ne plaise! ce sera par les Ex Ministres et leurs Adherans, et sous pretexte de proteger les fideles serviteurs du Feu Roi, peutêtre même de tutele du jeune Roi, regardé comme Petitfils de l'Autocratrise [sic]. Des conferences nocturnes, dans le Jardin de S. Jacques, entre les Membres du Ministère Ancien et l'Ambassadeur, decouvertes par Liliensparre, forcerent le Regent à les renvoyer tous, mais honorablement, en les avançant ou les transportant à des postes egaux. Si des roubles coulent invisiblement en de ça de la Baltique, ce n'est pas en faveur des gens qu'on calomnia en 1788 et 89, par ce qu'ils étoient plus attachés à la Constitution qu'à la Faveur. En 1790 le feu Roi daigna se qualifier lui même de Suedois Russe, dit on; et les ames venales ne pouvant plus mettre à contribution leur pays, ne dédaigneront pas l'argent de Russie.

Passons à nos affaires particulieres, et d'abord aux Vôtres. Voici la 2e de Change de celle de 250 Rdl. Court de Holl., que je Vous expediai le 14 passé. Elle étoit composée de 100 rdl. residu de Vôtre Pension, et de 150 comme Montant de Vôtre appointement dans la 3e Brigade. Le 4e quartier de l'an 1792 ne m'a pas encore été payé, et les precedans font ensemble 144 rdl. 31 ß. 6 rst. savoir, pour l'an 1790, 15: 4.8. pour 1791, 74: 1.10. pour 1792, 55: 25.- Total 144: 31.6. Que je serois ravi de pouvoir faire quelque chose de plus pour Vous, que les seuls 10 p.C. d'Agio par moi fournis! Mais la recolte passée fut si foible, que je n'ai pas un boisseau de seigle ni de froment, et très peu d'orge, à vendre de Ryda, et bien peu des autres terres, cultivées pour mon compte. Du peu de seigle, que j'ai à convertir en argent, le gros est une épargne de l'année 1791, non venduë faute de Voituriers: de sorte que pour vivre et continuer les bâtises necessaires, il faudra faire des dettes. A la recommandation de Vôtre Cousin le Baron Sv. G. Oxenstierna, j'ai obtenu de Msr Arvedson, Conseiller de Commerce et Negociant, une lettre de Créance en Vôtre faveur, à pouvoir lever de l'argent à Hambourg ou Amsterdam jusqu'à 200 Rdal. Je vous l'enverrai cette lettre une autre fois et assez à tems, pour qu'elle Vous arrive avant Vôtre départ de Rome. Comme vous avez appris que le printems n'est guere moins tardif en Suisse que chez nous, je pense que, preferant de prendre le chemin par le dit pays et le long du Rhin, Vous pourrez être obligé de passer un mois de plus à Rome, que Vous n'aviez compté, plûtôt que de prendre la route du Tirol et de l'Empire, ou des Etats Autrichiens. Je pense que les Armées ne troubleront pas le Cours des Postes ordinaires, ni la sûreté des Voyageurs de Nation Neutre.

Je pense que nôtre cher Ami Samuël de Rosenstein, en suivant Vôtre Avis et pour le bien de sa santé, ira voir Rome en cet hiver. Saluez le bien de nôtre part. Je ne manquerai pas de faire des remontrances en son nom à Nos Amis de Hesslé. Ils furent nous voir ici, un peu avant Noël, allant passer des semaines à Larsbo, avec L'Archeveché &c. Vous faites bien d'attendre la réponse du General sur Vôtre Congé, et si elle ne vient pas, il suffira de lui écrire immediatement avant de Vous mettre en chemin. Le Colonel Baron Cederhielm, maintenant en Italie, est un de Nos Bienfaiteurs. Il nous fit present de 2 demicaisses de Vitres, de 2 douzes de Caraffes, d'autant de Gobelets et de Verres: Saluez le bien.

Les nouveaux Romains de Paris surpassent en tout genre les anciens, et font naître les mêmes sentimens à tous egards. Paroissant ranger la justice trop en dessous de la liberté, ils indisposent toutes les Nations. Ayant si mal traité les beaux Monumens chez eux, ils sont à craindre pour ceux de Rome, s'ils y penetroient, ce que Dieu ne veuille permettre!

Je pense que Vos deux Correspondans inclus Vous auront mis au fait de Nos Nouvelles. En tout cas je Vous dirai, que je me porte assez bien pour avoir 68 ans passés. Vôtre Mere, qui finit aujourd'hui sa 63me jouit aussi de sa foible santé et a bien dormi les nuits depuis le Nouvel An. Ve Cadet n'eut le tems de nous venir voir que durant la Noël depuis le 24 jusqu'au 31 D. Le Nouvel Amiral General n'a pas moins de 8 Aide-camps, dont 4 avec appointement, et en outre un Conseiller Commissaire de Marine. Cependant il n'y en a jusqu'apresent que les deux eleves de Mr Ancresuerd qui fassent de la besogne. Mr Lannerstierna a déja une fille, et sa femme est une autre fois enceinte. Il a promis de nous venir voir. Vos Parens d'Acrelenna se portent bien; autant font ceux d'Eka et de Molhamar. La Dlle Sare Roman, donataire d'Ogresta [Ågersta], est decedée depuis Septembre, de sorte que nous ne payerons plus sa pension qu'à la MiMars prochaine. Ve Tante à Orby se porte bien. Son fils cadet Charles est Clerc de Mr Pfeiff, Juge du Nord Uplande.

L'Affaire, concernant la possession perpetuelle de Ryda, est en bon train. Nôtre Intendant de Province, Mr de Schroederheim, donna là dessus son Avis à la Chambre des Comptes, favorable au possible. Après avoir depeint la grandeur de Nôtre desastre et certifié celle des pertes accusées, il insiste pour que nôtre requête soit accordée, en prouvant que l'Etat, loin d'y perdre rien, y gagnera pour le fisc et la culture. En relevant mes services passés dans la Diplomatique, et ceux rendus en Citoyen particulier, solemnellement reconnus par le feu Roi, il fait l'eloge de tous mes fils en detail, et même du defunt Laurent, et mention de la somme perduë par son Concordat: Enfin /: et celà par mon Avis sur celui d'un des Conseillers de la Chambre :/ il propose le bail prolongé à 100 ans, au cas qu'on ne pût l'obtenir à perpetuité. Ce Seigneur a plaidé nôtre cause aussi chaudement, que si c'eut été la sienne propre et concernant toute sa fortune. Des Conseillers rigoureux se sont avancés jusqu'à nous promettre de proposer au Roi 50 ans. Le Baron de R. me répondit fort obligeamment le 27 Decbre à ma lettre du 7; et de l'humeur, dont on le dit, d'être ferme dans l'amitié, j'espere qu'il nous fera le bien, que Vous attendez de lui. Il me marque, que le Regent est déja disposé à soulager nôtre perte. Le 18 Court j'envoyai à la Chambre des Comptes un Memoire, pour rappeller en abregé toutes les raisons par moi alleguées par lettres et Memoires.

Vôtre Mere Vous embrasse. Made Oestman et Mlle Coyet Vous saluent bien. Autant firent lundi le Baron Cederhielm, et hier le Prieur de Torstuna. Dieu Vous ait, Mon Cher Fils, en Sa Garde.

G W Sillen

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 7 augusti 2008.
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