Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 14 december 1792

A Ryda ce 14 Decbre 1792.
Ankt. den 17 Januari, besvt. den 23 Dito 1793.

Mon Cher Fils. Ce fut le 23 Novbre, que j'eus le plaisir de recevoir Vôtre chere Lettre du 24 Octobre, et je n'ai pas pu avoir plus tôt celui d'y faire réponse. Voici pourquoi. J'avois à Stocolm l'argent tout prêt pour Vous faire la derniere Remise en pays Etranger par une lettre de Change. Mais comme le Cours continuoit à nous être fort desavantageux, je remettai à m'en servir, en attendant qu'il baisseroit dans l'Arriere saison, où, la navigation ayant cessé dans le Baltique, les Remises au dehors seroit en moins frequentes. Mais cette fois je me suis trompé; tant les Finances de ce pauvre Royaume ont été derangées. Les derniers 8 jours de Novembre j'étois occupé à faire un Memoire, pour être envoyé à ma place à une Assemblée des Notables de cette Generalité, convoquée à Upsale pour le 28 Novbre, et dont je devois être. Mais je m'en excusai honêtement, surtout sur ma sourdité. Aprés avoir conçu ce Memoire, il me falut le mettre au net moimême en 2 sesternes, Vôtre puisné étant alors absent. Je ne suis plus bon, étant dans ma 69me année, à travailler au bureau des nuits entiers, comme jadis, et les jours nous étions à faire ou recevoir des visites à la campagnardes, c'est à dire, longues et à la distance de 9 a 12 Milles d'Italie. Ce ne fut donc que le 4 Court que je chargeai Msr Hvasser, mon Correspondent à Sthlm, de me faire avoir au plûtôt possible une lettre de Change de 250 Rdl. Court Holl., que voici. Il me seroit bien en l'achetant le 7, et en me l'envoyant le 10, après quoi je n'ai pus Vous Vous l'expedier plûtôt.

Cette Remise est le provenu des 100 Rdl., que Vous restoient de Vôtre Pension de l'année passée, et de Vôtre appointement, lequel vous avoit produit environ 100 rdl. jusqu'à la fin année passée, et dont j'obtins encore le 10 Novbre les trois premiers quartiers de l'année courante, montans a 999 dl. 12 ./. ou 55 rdl. 25 ß. Voici le Compte que l'on m'a donné de cette Traite: 250 rdl. Holl. Court a 50 ß font 260 rdl. 20 ß. Be. L'Agio a 10 pour C. 26 rdl. 2 ß. Courtage a 1/8 p.C. 17 ß 2 rst. Total 286:37:2 R.G. c'est à dire en Billets representans, non les fonds, mais les dettes de l'Etat. Avant la derniere guerre je payai un Rdl. Holl. Court 44 Escalins de Suede; durant la guerre, il falut le payer jusqu'à 53 ß. Je ne regrette pas le surplus de Taux ou du change, que je paye du mien, mais le deplorable Etat de nos Finances, dont le Change est un Thermometre assez fidele.

Je souhaite fort que cet Argent puisse Vous suffire [sic] pour retourner jusques en Vôtre Patrie, ne sachant pas où Vous en faire toucher en route, quand même mes moyens me le permissent, surtout n'étant pas trop sûr de celle qu'il Vous faudra prendre dans un tems plein de troubles, peutêtre, dans toutes les regions qu'il Vous faudra traverser. La Lombardie pourra bien être, avant le printems, un des théatres de la guerre. L'Allemagne l'est déja tout le long du Rhin, dont Vous avez à suivre le cours. Les Pays Bas, cidevant Autrichiens, seront peutêtre purgés d'ennemis étrangers dans quelques mois, mais pas sitôt des Adherans de l'ancien regime Holigarchique. Les Patriotes Hollandois seront peutêtre forcés de ronger leur freins [svälja förtreten]. Dieu sait, ce qui en sera dans tout pays habités par des être pensans. Toutefois j'espère que la Neutralité de la Suede Vous vaudra un libre sûrpassage partout. Que si l'interêt de Vôtre Sûreté ou la modicité de Vos fonds vinssent à Vous dissuader de la Visite des Pays Bas, il sera bon de ne suivre le Cours du Rhin qu'à Mayence [Mainz], ou plûtôt à Cologne [Köln], pour aller delà quelque Voiturier (Hamburger Both), ou bien avec la Poste ordinaire, à Hambourg; delà par terre à Lubecq, puis par le Paquebot à Copenhague, qu'il vaut la peine de voir avant de Vous repatrier. Les Danois sont nos Parens, nos Freres, pour la Foï, les Moeurs et les Moyens. En fait de lumieres et de liberté ils nous le disputent depuis une vingtaine d'années. Après vous être mis en état de comparer avec justesse les deux anciennes Capitales du Nord, le beau pays de Scanie merite d'être vû; puis les Provinces Orientales de la Gotie, ayant passé par une partie des Occidentales lors de Vôtre départ. Ce ne sont que de simples avis que je Vous fournis. Vous êtes le Maître de la route. Que le bon Dieu Vous conduise par tout où Vous irez!!!

Je Vous rends Mille graces de Vos Avis sur la poursuite d'un bail perpetuel ou d'une proprieté de Ryda. Ma requête ne parle pas mot d'un achat, mais d'un pur don de cette terre, mais à la charge d'une vente pleniere. Elle a été renvoyée à l'Avis de la Chambre des Comptes, la quelle a exigé celui de l'Intendant de Province. C'est Mr de Schroedreheïm, l'Ami des Hommes et le Nôtre. Il me promit de bouche, il y a six semaines, de le donner favorable et bientôt. Cependant je ne crois pas qu'il l'ait expedié encore. J'ai donné, il y a deux Mois, à chacun des Membres de la dite Chambre un Memoire assez étendu, pour prouver, que l'interêt de la Couronne, autant que le nôtre, concourt avec la Justice à l'appui de nôtre demande. Cependant tout ce que je puis nous promettre de mieux de ces Msrs, c'est d'aviser qu'on Nous accorde la Continuation du Bail sans exiger de nous rien en errement, en laissant à la bonté du Souverain d'en determiner la durée.

J'attendois à être averti par Vôtre Cadet, quand il servit le moment d'écrire à Msr le Baron Reuterholm, President de la Revision des Comptes, qui jouit de la confiance du Regent et du Public avec une sagesse admirable, en se rendant inaccessible à tout le monde, pour eviter la foule des postulans, qui ne serviroit qu'à lui attirer le depit de ceux qui lui feroient envain la Cour, et l'envie des grands. Mais l'autre jour la Comtesse Ulla Fersen lui ayant parlé en faveur de nôtre cause, en supposant, qu'il eut reçu là dessus quelque écrit, il a repondu n'en avoir rien reçu, mais qu'il n'en étoit pas moins disposé et tenu à nous servir. Apeine en fusje informé que je me hâtai de lui écrire le 7 Court, et de joindre à ma lettre 1° Copie de Ma Requette au Roi, dont voulut bien se charger Mr le Baron d'Armfellt, sans trouver jamais le moment assez favorable pour obtenir l'agrément du feu Roi. 2° Copie de certain Cadastre, jointe à la Requête comme preuve. 3° Copie du Memoire adressé à Mrs de la Chambre des Comptes, individuellement. 4° Un nouveau Memoire, plus etendu encore, sur les Terres Domaniels, fait exprès pour guider la Regence dans cette Matiere importante. Ne croyez pas cette production un fruit du seul interêt ou de la Vanité. Le Duc Regent reçoit et encourage les avis, qu'on presente, pour éclaircir les affaires du Gouvernemt: et Vous ne sauriez Vous imaginer, à quel point on use de la liberté de la presse. Mais je fais un secret inviolable de mon dernier Memoire, pour avancer la vente des inutiles titres de domaine, pas plus loin qu'à un an et demi avant le terme des Baux Actuels. En payant l'Usufruit perpetuel de ces terres, on fournit un secours à l'Etat endetté, et on mit les Possesseurs à l'abri des vexations et des mutations, telles qu'on essuyés en 1766.

Aussitôt que Mr L'Intendant de Province aura emis son Avis, je dois revenir à la charge par un Memoire, adressé publiquemt à la Chambre des Comptes pour insinuer, qu'au cas qu'on se trouve les mains trop liées pour recommander une possession perpetuelle, à titre de bail ou de proprieté, on pourra se borner à un bail de 99 ans, pour m'indemniser de la Bâtise entiere de cette terre ce 2me fois.

C'est par un effet de l'Acte de Sûreté, qui met à la definition du Souverain la fortune de tous les gens en place, qu'a souffert, ainsi que nombre d'autres, le Comte de Munk, connû d'ailleurs pour homme de coeur et droit, quoiqu'un peu haut à la main. Le Baron Gustave Armfelt, autre favori du defunt Roi, est Ministre plenipotentiaire de Suedes aux Cours d'Italie à la place du Baron Vrangle, rappellé. Mr Claude Lagresuerd, Secretaire d'Ambassade étoit retourné en Suede avant ce dernier, et travailloit dans la Grande Chancelerie, mais il derechef parti pour joindre l'Ambassade en Italie. Le Baron d'Oxenstierna, ayant souhaité d'être dispensé de l'Ambassade de Lisbone, a obtenue la promesse du Regent d'être rappellé avant deux ans revolus, la bienseance exigeant de ne pas desobliger La Cour de Portugal, dont le Ministre étoit depuis long tems en chemin.

J'oubliois de Vous dire gue Charlot vient de trouver la Lieutce dans la Compe Colonelle, contre celle de Brunna en Balingsta.

Pour revenir à Vos affaires particulieres, je Vous felicite du Grade de Lieutenant, que Vous venez d'obtenir enfin, mais sans appointemens, et aussi, à ce que j'espere, sans payer de Concordat. C'est un veritable bienfait de Vôtre nouveau General et de Vôtre digne Ami, Msr Baggé. Mais je ne sais pas encore, dans quelle Brigade on Vous a placé. Peutêtre que l'incluse de Vôtre Frere Jean Vous en apprendra quelque chose.

Au mois d'Octobre on me fit payer 3 rdl. 2 ß un nouveau Congé du Roy en Vôtre faveur, en date du 18 avril passé, et un An seulement. Ensuite de Vôtre derniere lettre au General, je m'attends à être bientôt mis à contribution pareille pour un nouveau Congé de 5 a 6 mois, qui peutêtre ne me viendra non plus lorsque le tems en fera expiré. J'ai toujours crû que voyageant par Ordre du Roi et aux frais publics, Vous Vous passeriez bien d'un Congé à part, et qu'il suffiroit que Vos Superieurs sûssent que Vous vivez et où Vous êtes.

Le Baron Sv. Oxenstierna, étant venu nous voir il y a quelques jours, étoit d'avis que Vous ne deviez pas finir Vos voyages sans voir l'Angleterre. Nous lui objectames 1° le defaut des fonds, 2° que Vous ne savez pas l'Anglais, 3° le desir de Vôtre Mere de Vous revoir avant d'accomplir les 7 ans d'absence. Il soûtint, que pour obtenir un an de prolongation de Vôtre Pension, Vous n'avez qu'à écrire directement à S.A.R. le Duc Regent et au Baron de R. sans perdre du tems. Je ne voudrois pas croire qu'on dispose si legeremt des deniers publics, et ne souhaiterois guere que ce fut en faveur d'un des miens. Mais il me vint dans l'apprit de remettre à Vôtre propre Jugement, si une lettre de Ve part au dit Baron en faveur de nôtre cause commune seroit necessaire?

Vos sentimens sur les toits à la Mansarde sont bien conformes aux miens. Dans nos environs on les emploie aux Cabanes des Forgerons, aux étables, granges &c. Celui de nôtre nouveaux logis est de 8 aunes de hauteur sur une base de 16, avec des Chevrons d'onze aunes. Celui de l'aile basse n'a de Chevrons que de 10 aunes, pour ne pas nuire aux fenêtres du Pignon de l'aile haute. Il est aussi en bardeaux pour plus de ¾, le reste provisoirement en planches avec de l'écorce du bouleau [björkbark] dessous.

Vôtre Mere Vous embrasse. Elle est souvent tourmentée de la goute tantôt aux pieds, tantôt remontée à la tête. Vôtre Frere Charlot Vous salue bien. Les autres Parens, Amis et Voisins en font autant, et je suis de coeur et d'ame le tout Vôtre

G W Sillen

Vous ne sauriez Vous imaginer, combien sont avides de lire Vos lettres non seulement tous Vos Parens, mais bien d'autres encore, comme Msrs de Silfverstolpe, la jeune Made de Schulzenheim, son Beau Pere &c. Mais Ve derniere n'est pas lisible à tous à cause du passage en Suedois. Ecrivez separemt les affes particulieres.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 6 augusti 2008.
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