Brev från Georg Wilhelm af Sillén till Gustaf af Sillén den 4 oktober 1792.

A Ryda ce 4 Octobre 1792.
Ankt. den 3 Novemb, besv. den 14 dito.

Mon Très Cher Fils! Avanthier, le 2 Court, j'eus le plaisir de recevoir Vôtre lettre en date de Rome le 1 Septembre, et je me presse d'y faire réponse aussitôt que possible. Je Vous felicite de tout mon coeur d'avoir bien achevé le voiage des Deux Siciles, et d'être arrivé derechef à la Capitale du Monde Chretien, sejour si propre pour continuer vos Etudes. Je donne très volontiers les mains à Vôtre proposition, d'y passer 5 a 6 Mois encore. J'y songeois déja, et je me voulois du mal de Vous n'avoir pas prevenu par ma precedante du 16 Juillet, que si Vous ne pourriez pas quitter Rome avant la MiSeptembre, Vous feriez bien d'y hiverner. Pour voyager du Sud au Nord, il faut choisir le Printems et faire quasi cortege au beau tems. L'automne convient mieux aux hommes, comme aux Oiseaux de passage, qui s'éloignent ainsi des frimats. Mais j'étois si persuadé que Vous seriez de retour à Rome sur la fin de Juillet, qu'en recevant le 3 et 6 du même Mois Vos deux lettres de Naples du 29 May et 1 Juin, je trouvai impossible que la mienne pût y arriver avant Vôtre depart. C'est pourquoi je Vous écrivis à Rome le 16 Juillet.

Le Mois passé de Septre m'a été fertile en Nouvelles de Vôtre part. Le 5 j'eus Vôtre lettre de Palerme de 12 Juillet. Le 9 celle des 20 et 29 Avril, apportées à Drottningholm par Msr le Baron de Reuterholm, ensemble le Paquet des Minutes de Vos Lettres du tems passé. Le 18 me vint celle du 14 Août à Naples, et c'est elle qui me mit la puce à l'oreille, quand je songeois à la saison déja un peu trop avancée pour les Voyages qui Vous restoient à faire.

Ja Vous remercie, Mon Cher Fils, de toutes ces lettres, que je viens d'accuser, et des Minutes et Desseins, dont étoit accompagnée celle du 20 Avril. Je suis extremement satisfait d'apprendre, que Vous inclinez Vous même à prendre le parti que je souhaitois et que je crois le plus sage, savoir, de ne quitter Rome qu'au Mois de Mars. Alors Vous verrez par tout verdoier, embellir la Nature; Vous pourrer voir bien la Suisse, hâter ou ralentir, selon les circonstances, Vôtre Voyage par la Haute et Basse Alemagne, faire la traversée de la Mer du Nord et peutêtre du Categat, qui veut dire le Mauvais Trou, dans la Saison la moins orageuse et par des nuits lumineuses, pour rejoindre Vos Proches au fort de ce peu d'été, que la Nature a partagé à Nôtre Climat. Vous pourrez ainsi jouir de 4 Mois de Printems en une Année, voir vos anciens foyers, en partie seulement resortis de leurs cendres, et Vous reposer quelques mois chez Nous, sûr de reparoître toujours assez tôt à Stockholm.

Toute question est perilleuse. Il n'en faut donc faire que lorsqu'on ne peut l'eviter. Gardez Vous donc de rien faire insinuer à la Cour et auprès de Vôtre General sur la prolongation de Vôtre Congé. Voyageur et Artiste, Vous reviendrez quand Vous trouverez à propos pour l'Objet de Vôtre Voyage, surtout en ne demandant rien du Public; et on ne songera pas au terme du Congé. Et puisque Vous deferez à mon avis, je me prevaux de cette liberté pour supprimer Vôtre Lettre destinée au General.

Il suffira que Vôtre Cadet fasse entendre à Stockholm à ceux qui demanderont de Vos Nouvelles, qu'après le Voyage des Deux Siciles la Saison est trop avancée pour entreprendre celui du Nord en cette Année.

Apès les protestations de Vôtre General et de Mr Bagge en faveur de Vôtre Avancement, je chargeai tout recemment Vôtre FrereCadet de s'informer, combien cette affaire étoit avancée. La face en est changée, ainsi que le langage de ceux qu'il apartient. Msr. Sundval, qui me parût bien économe en demandant à vendre sa Lieutenance, après avoir obtenu gratuitement le Grade d'Intendant avec 6000 dl. Kmt d'appointement, venoit d'obtenir sa demande, de sorte qu'il n'y aura point de Lieutenance pour Vous sans entrer dans un des Concordats, du Lieut.Colonel de Stockenstroem, du Capite Daevel ou de Mr Sundvall. Le prix sera, pour le Grade simplement Mille Dal. Kmt pour le moins, et pour le Grade avec l'Appointement de 116 Rdl., 3000 Dal. Je prefere ce dernier parti, si nous pouvons l'obtenir, trouvant la difference assez considerable entre 84 rdl., que Vous avez, et 116 rdl., que Vous aurez par an. Vos Freres l'un et l'autre sont du même avis, et ce fut avanthier que j'obtins ces Ouvertures par une lettre de Vôtre Cadet. Je lui enjoindrai, par l'ordinaire de demain, d'aller declarer au General, ainsi qu'au Secretaire, qu'en me soumettant à payer comme un autre, je demande en Vôtre Nom l'avancement en question ensemble l'appointement.

Je ne manquerai pas de Vous expedier, peu avant ou après le Nouvel an, les 200 Rdl. Court de Holl., qui Vous sont necessaires pour le retour, et dont la moitié est le residu de Vôtre Pension, et l'autre moitié le Montant de Vôtre Appointement de Scanie jusqu'à la fin de l'année passée.

Ce fut le 20 Août que Vôtre Frere Charles et moi nous nous logeames dans la nouvelle Aile Orientale de Ryda. Vôtre Mere étoit alors à Vallhoff durant plus de 3 semaines. De là elle vint occuper son Nouvel Apartement, avec Mlle Ulrique Coyet, qui lui sert de Compagnie de puis le Mois d'Avril de l'an passé. Ce fut le 30 Août. La 1e nuit elle ne dormit pas trop bien, étant venuë en Caleche par un gros vent qui l'avoit fatiguée, peutêtre aussi par un effet de l'emotion, que devoit donner une rentrée chez soi après avoir été reduite à demeurer chez autrui pendant 15 Mois entiers. Du depuis elle dort toutes les nuits parfaitement bien et se trouve la santé meilleure, qu'elle n'a euë depuis des années. Les Etrangers s'aperçoivent que l'embonpoint lui est revenu. Je me porte également, Graces au Ciel! aussi bien, que le comporte mon âge avancé.

Tout le monde trouve nôtre nouveau logis bien construit et bien distribué, les pieces commodes et même jolies, quoique le dehors de la bâtise ne promette pas grande chose. Celà est fait à dessein, ainsi qu'en Turquie les Sujets Chretiens, donnant `a leurs Maisons un dehors très modeste, ne laissent pas de les rendre pour l'interieur aussi commodes, somtueuses et superbes, que celles de leurs oppresseurs les Musulmans. Cette bâtise, couverte de planches provisoirement dès l'année passée, l'a été de Bardeaux en cet été. Les quinze jours que dura ce travail, il fit des pluies continuelles, qui firent craindre pour les plafons. Mais quoiqu'ils fussent penetrés d'humidité en quelques endroits, il n'en furent pas endomagés. Cependant cette abondance d'humidité, entrée pour lors dans le grenier, ne nous permet pas d'y clouer le plancher, avant que le Printems prochain y ait ramené une parfaite secheresse.

L'Aile Basse, elevée avant le Mi Juin, est encore sans toit et sans cheminées. A l'un de ces defauts, provenant de la presse et de la difficulté de la Recolte, nous allons remedier bientôt en la couvrant de bardeaux. L'autre est dû à une autre Cause. Au mois de Juillet il manque de briques tant à Ekolsund qu'à Haga, les deux seuls endroits d'où je puis les tirer. Dans l'attente d'une Cuisson au premier des dits Endroits, le Maçon prit congé pour quelques semaines. Depuis trois semaines et plus, que je suis pourvû de briques, je le somme de venir achever son ouvrage. Mais intercepté dans cet intervalle, à Lundby, terre d'un Baron de Gyllenstierna, Lieut.Colonel et Gendre du Baron de Kochen, il n'en a pas été relaché encore et me conseille d'écrire à ce Seigneur Chatelain pour obtenir son élargissement. C'est ce que je fairai par l'ordinaire de demain, pour lui faire entendre, que cet Artisan s'étoit engagé à mon ouvrage depuis l'hiver passé.

Le nouvel Etable aux boeufs, commencé dès avant la recolte, a été achevé du depuis; couvert de chaume et plancheyé, en sorte qu'il y a été déja encasé du foin. On est actuellement à en meubler ou apprêter l'interieur.

La Recolte a été au dessous du mediocre, chez nous ainsi que dans le reste de l'Uplande, en Sudermannie et dans la partie inferieure de Vesmannie. Exceptée la Mauvaise Année 1783, je n'en ai point essuyé d'aussi faible que la presente. Nous n'avons eu que le 3me grain à Orby [Årby], le 4me à Vonsioe [Vånsjö], et nous ne nous promettons pas d'avantage ici, ni à Oestersta [Östersta]. Le froment d'ici ne rendit qu'un grain et 1/3. Parbonheur j'ai un bon tas de Seigle non vendu depuis l'année passée, faute de voituriers dans le dernier rude hiver. Sans cela je ne tirerois pas de cette terre dequoi payer les impôts. Et cependant je ne saurois me dispenser de bâtir d'autant qu'il me manquent nombre de Maisons necessaires, principalement dans la basse cour. Ayant à elever l'année prochaine une Grange, je songe serieusement à la construire en poële au feu, afin de ne pas courir une autre fois le risque d'avoir, comme en cette année, plus de la moitié du foible crû germé, ou sur pied, ou en gerbes. Cette bâtise ne pourra être executée ici à moins de 6000 dl. Kmt, avec toute l'économie que je mets dans mes fabriques; Mais je suis si penetré de l'utilité de la chose, que je passe par dessus cette consideration.

L'avis que Vous me donnez au sujet de l'Achat de Ryda en proprieté à la charge du Cens, je le prends en grande consideration. Mon idée n'étoit pas de proposer cet Achat de nôtre côté, mais de nous le faire proposer par la Chambre de Comptes, sauf à Nous de Marchander tant le prix que le terme du payement, lequel selon moi devroit être celui du Bail actuel. Il est vrai, qu'en Patriote impartial dans ma propre cause, ainsi qu'en general, je voudrois que la Couronne vendît les terres et ne les donnât pas, moins encore les rentes ou le Cens, qui devroit être censé inalienable.

Il est vrai, qu'un tel achat nous mettroit à l'étroite en fait d'argent, sur tout après une année foible, comme la presente. Si la Regence et la Chambre des Comptes veulent Nous faire du bien, la moindre chose, qu'on pourra faire, sera de nous assûrer la continuation du Bail pour un terme aussi long, que les Reglemens comporteront, avec exemtion de payer les errements à l'Encant. Et peutêtre que celà nous suffira, en attendant que la Cour sera assez éclairée pour aliener tous les biens Domaniaux [kronoegendomar], en ne se reservant que les rentes sûres, dont les terres seront l'hypotheque. Aussi je ferai part, par l'Ordinaire de demain, à Vôtre Frère Cadet de Vos reflexions sur cette Affaire. Elle va bientôt être renvoyée à la Chambre des Comptes, pour y être examinée et ensuite rapportée à la Cour. J'ai fait un nouveau Memoire, plus étendu que les precedans, pour être distribué avec des Lettres de ma part à tous les Membres de la dite Chambre. Mais j'ai tardé à les envoyer jusqu'après les Vacations et la S. Michel [29 sept.], et je crois devoir tarder encore un peu en attendant que le nouveau President à la Chambre des Comptes soit nommé. On y croit designé Msr le Baron de Reuterholm, Vôtre bonne Connoissance, connu generalement pour Patriote et homme d'Esprit. Il est depuis quelque tems President à la Revision des Comptes, après le départ du Comte Munk, qui licentié de toutes ses Charges, fait des Voyages dans l'Etranger. On croit que S. E. le Comte Gyllenstolpe, Gouverneur du Roi, aura la Presidence de la Revision des Comtes, pour faire place auprès de la Personne de S. M. au Baron Wachtmeister, nouvellement appellé de son domicile en Pomeranie à la Place de Grand Maître de la Maison de la Reine, avec le Grade d'Excellence.

Jean souhaite aussi que le Presidt Reuterholm soit placé à tête de la Chambre, et j'en serai ravi en vûe du bien que je crois qu'il Vous veut, après son sejours de Rome par deux fois et la connoissance qu'il a euë de ce que Vous valez. Je vais faire part à Vôtre Frere Jean de Vos reflexions sur l'achat de Ryda. Peutêtre vaudratil mieux ecarter cette question et se borner à ce que ces Msrs trouveront de mieux à faire en nôtre faveur. Je Vous fais un gré infini, Mon Cher, d'avoir prevenu Mr le Baron de Reuterholm sur nôtre interêt par rapport à Ryda. Si le bon Dieu nous destine cette terre promise, des circonstances imprevuës y coopereront.

Le Comte de Ruuth, qui d'Enseigne aux Gardes à pied, fut d'abord Chevalier d'honeur auprès du Duc de Sudermannie, ensuite son Premier Ecuyer et Directeur de ses Finances, puis Ministre des Finances, Gouverneur de Drottningholm, là dessus President à la Chambre des Comptes, Marechal à la Diête de Dievlé [Gävle], Comte, declaré Excellence, et maintenant Gouverneur General de la Pomeranie. Le Baron Gustave Armfellt toutpuissant du tems du feu Roi, et du depuis Gouverneur de Stockholm, Colonel du Regt Royal Vermelande, etc: étant allé en pays étrangers pour soigner sa santé, vient d'être nommé Ministre Plenipotentiaire auprès des Puissances d'Italie, à la place du General Bar. Wrangle; il a eu déja un Successeur dans le Regiment, dont je ne me rappelle pas le nom, et le Gouvernement de Stockholm, à l'étonnement du Public, vient d'être donné au Chef d'Ekadre ContreAmiral Modé, homme de Merite et Oncle de Nôtre Ami Egrestroem. Le cidevant Premier Amiral Comte Ehrensverd est rappellé à la Cour et revêtu de la haute Charge; qu'avoit jadis feu Msr de Trolle, avec 7000 Rdl. d'appointement. Tous les Ministres du Roi defunt sont renvoyés, mais sans disgrace. Msr de Carlsson a été fait President à Vasa. Mr Villebrand, du Departement de l'Armée de terre, est tendu à sa Province d'Abo. Mr Cronstedt, qui avoit Celui de la Marine, retourne à son poste de Colonel Chef de la Marine à Sueaborg. Mr Schroederheim à eu la Province d'Upsale. Mr l'Evêque Valquist, Ministre des Affaires de l'Eglise, a été renvoyé en son Diocese, il ne sera remplacé qu'autant que le Clergé veut à ses frais entretenir ce Departement. Le Senechal et Bourgmêtre de Carlscrona, Hakanson, Ministre des Finances, retourne à sa Magistrature. Mr Alman, Sougouverneur de Stockholm, devenu Vice President à Vasa, a été remplacé par le fameux Mr Liliensparre, dont le Fils lui a succedé dans sa place de Lieutenant de Police. Mr de Lostbom [af Låstbom], n'agieres tout puissant, est Crée Intendant de Province à Heïnola.

[Om utnämningarna, se även Starbäcks Berättelser ur den svenska historien.]

Vous êtes bien fondé à traiter de Poëtique ce qu'ont raconté les Voyageurs au sujet de la superbe vûe du Sommet d'Ethna, tout comme s'il étoit aussi pointu que le bout d'une quille ou d'une Pyramide.

Je suis enchanté de la hardiesse de Vôtre 2me Rotonde et de l'emplacement qu'elle fournit à un auditoire. Mais le Predicateur ne sera guere entendu à cause de la Colonnade, derrière la quelle il sera placé. Cependant c'est la seule convenable; car en tout autre point il seroit encore moins entendu. A cet égard Vôtre 1e Rotonde merite la preference. Autant fait celle du Ladugordsland. Ces dernieres font l'une et l'autre une Croix Grecque en dedans.

Vôtre Frere vient d'obtenir le Benefice de la Lieutenance dans la Comp. Colonelle moyennat 18 mille Dal., il la troque contre celui de La Compe Majore avec Mr Ihre, qui lui paye 3000 dl. en echange, puisque l'autre est meilleure. L'un et l'autre y gagnent en ayant leur domicile dedans la Comp.e où ils servent.

Le jeune Mr Gilberg, Jacques Axel, Lieut. Dessineur en survivance et ExCapitaine des Volontaires Dalecarliens, vient d'obtenir une pension de 200 rdl. par an pour voyager, sans terme limité. Je ne sais pas s'il va droit à Rome.

On est inondé à Stockholm de papiers periodiques, la Presse libre de Mr Lund, le Patriote, le Citoyen, le Cosmopolite, &c. La Presse est libre chez nous, tout comme sont les Faucons, lachés à volonté du Maître à la poursuite d'autres Oiseaux.

Vôtre Frere à Stockholm, Ve Soeur et Son Mari à Vallhoff, Vos Parens d'Acrelenna, d'Orby et d'Eka, se portent bien. Ve Mere et Charles Vous saluent tendrement, et je suis de coeur et d'ame

le tout Vôtre
G W Sillen

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 12 juni 2008.
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