Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 16 juli 1792.

A Ryda ce 16 Juillet 1792.
Ankt den 23 Augusti; besvt den 1 September.

Mon Cher Fils. Depuis que j'eus le plaisir de Vous faire ma precedante du 5me Mars, j'ai eu celui de recevoir successivement 5 de Vos Lettres, savoir de Rome du 25 Fevrier, du 14 Mars, du 29 [?] Avril, et de Naples du 29 Mai et du 1 Juin, les quelles me sont arrivées le 31 Mars, 14 Avril, 29 Mai, 3 et 6 Juillet Court, et dont je Vous rends mille graces au nom de toute Nôtre Maison, très avide de Vos Nouvelles, ainsi que témoignent tous Nos Proches, Amis et Voisins.

Vous sentez bien que le long delai, que j'ai mis à Vous faire réponse, a été calculé de ma part sur le terme probable de Vôtre retour à Rome, après Vos Voyages des deux Siciles, afin que Vous y puissiez trouver à point nommé, savoir au commencement du Mois d'Août, l'argent necessaire pour continuer Vôtre route. A cet effet j'ai fait demander au Sr Gladheim, Caissier de la Fabrique du Château, il y a plusieurs mois, et plus d'une fois, le terme precis du payement de Vôtre Pension? On l'a fixé à la St. Jean [midsommar], et j'ai chargé mon Commissionaire d'acheter aussitôt, la Pension echuë, une lettre de Change, pour être expediée sur la fin de Juin. Mon attente fut trompée. L'Ordinaire du 6 Courant m'apprit, que la Pension n'étoit pas encore payée. Faché de ce retard, et craignant que par là Vous ne fussiez trop retardé à Rome, je pris le parti le 9 Court d'envoyer, par la Poste aux lettres, d'ici à Stockholm 221 Rdl. pour être employés, avec le fonds que j'y avois auparavant, à Nous procurer aussitôt la Lettre de Change en question. Ayant fait partir cette Dépeche Mardi matin le 10, j'appris le soir du même jour, que la Pension venoit d'être payée la veille, Lundi, que Mardi la Lettre de Change seroit prise, et que je l'aurois ici sans faute Vendredi le 13. La voici cette [Lettre] de Change de 200 Rdl. Court de Holl. qui coûte 224 Rdl. 43 ß R.G. ou de Nôtre Monnoie d'aujourd'hui. Je ne sai [sic] pas si Vous approuverez le parti, que j'ai pris, de ne pas Vous envoier toute la Pension, m'étant proposé depuis longtems de Vous faire toucher 200 Rdl. pour le Voyage de Rome à Paris, et de Vous y envoyer 200 Rdl. encore, savoir le reste de Vôtre Pension 100 Rdl., et autant pour la valeur de Vôtre Appointement jusqu'à la fin de l'année passée; car pour la Courante il ne Vous a rien été payé encore par Msr le Caissier de Vôtre Brigade de Scanie. Or Vôtre Voyage de Paris n'ayant pas lieu, je me suis persuadé que Vous pourriez faire avec 200 Rdl. le reste de Ve Voyage , et qu'il Vous sera doux de trouver, de retour chez Vous, une épargne à Vous de 200 Rdl.

Maintenant, en y songeant plus mûrement, je suis véritablement en peine, craignant de Vous avoir mal servi par cette Epargne: La route que Vous avez à faire jusques chez nous, étant bien plus longue, que celle de Rome à Paris. Mais il y a un remede à ce mal. En m'écrivant avant de quitter Rome, Vous me marquerez clairement, si Vous souhaitez 200 ou seulement 100 Rdl. de plus, à toucher en pays Etranger, et Vous les trouverez dans une Lettre de Change que je Vous adresserai à Coblence, sous l'envelope de Nôtre Digne Bienfaiteur le Baron d'Oxenstierna, que Vous irez sans doute saluer, quand même il ne se trouvât pas sur le bord du Rhin et justement sur Vôtre route.

Vous avez fait diligence en achevant dans un Mois le Voyage de Naples. Si Vous êtes aussi ponctuel à faire celui de la Sicile en deux Mois de tems, nous pourrons espere[r] de Vous revoir ici sur la fin de l'année, à moins qu'il ne Vous faille passer quelques semaines à Rome pour réaliser Vôtre Lettre de Change. Chose qui me fait vraiment de la peine, et que je n'ai songé que trop tard à obvier, de la maniere que dessus.

Ayant appris, il y a quelque tems, que Msr Sundvall avoit été nommé Intendant des Bâtimens du Roi avec appointement sur la Caisse de l'Extraordinaire, j'écrivis à Msr de Mannerscanz, Vôtre General, et au Secretaire Msr Bagge, pour leur rappeller Vôtre droit à la Lieutenance dans le Corps du Genie, vacante après Msr Sundvall. L'Un et L'Autre me répondirent d'abord le plus obligeamment du monde, que la dite place Vous étoit déja destinée, mais sans Appointement, vû qu'il n'y a pas moins de 11 Lieutenans, qui étant plus anciens y prétendent. L'Affaire auroit déja été faite, ne fût ce que la question, si Mr Sundvall sera remboursé de ce que lui a coûté la Lieutenance par Concordat, attend la Decision du Duc Regent. En tout cas on m'assûre que l'Appointement payera seul, et que le Grade ne Vous coûtera rien. Si l'on tient parole, Vous aurez, Mon Cher Fils, l'avantage très rare dans ce tems à d'être avancé par deux fois dans Vôtre Corps, sans rien payer. Vous avez fait assez lentement ce second pas, il est vrai; mais consolons nous par la remarque que j'ai faite bien souvent, savoir que ceux qui dans leur jeunesse sont avancés trop vîte, quittent aussi trop vite ou le service ou la vie, tandis que d'autres en avançant plus lentement d'abord font bien plus de chemin dans la carriere qu'ils cultivent, témoins Vôtre General et ses deux Predecesseurs. Feu Mr de Stierneld à l'âge de 40 ans étoit encore Lieut.

Maintenant pour Vous entretenir un peu de Vos Parens, je Vous dirai en premier lieu, que je jouis, Graces à Dieu, d'une santé assez bonne pour mon âge avancé, étant dans ma 68me année. Ayant heurté le 25 May la jambe gauche assez legerement contre des briques, il s'en forma une plai, empirée par une nouvelle attaque d'Erisipele. Le mouvement en empecha la guerison, et Vôtre Mere m'enleva d'ici, pour me faire garder la chambre et le lit à Ribbinguebec toute une quinzaine. J'eus encore pour la premiere fois en ma vie un accès de goûte au pied gauche, qui m'ôta le pouvoir de marcher. Heureux d'avoir ici Vôtre Frere Charles, mon Lieutenant, pour inspecter la Culture et les Ouvriers occupés à la fabrique. Le 28 Juin je revins ici avec Ma femme et Mlle Coyet, les quelles hebergées les deux quelques nuits dans Nôtre Presbytere, s'en allerent le 30 dans le Canton de Treuïde [Trögds härad] à Eka et Ekholmen, d'où je les attends aujourd'hui. Elles content aller faire un petit sejour à Ribbinguebec d'abord, et ensuite à Vallhoff, pendant que leur apartement ici sera mis en état de les recevoir. Vôtre Mere se porte bien, à ce que l'on me mande. Le mouvement et le grand air, deux biens que se refusent presque tousjours les Dames, ne laissent pas de lui faire du bien.

L'Horrible Catastrophe, arrivée à Stockholm au Mois de Mars [mordet på Gustaf III], ne laisse pas d'influer sur la Santé de Vôtre Soeur. Les Spasmes lui revinrent, et avec violence. Mais ils ont passé, et elle s'est rétablie assez vite, prenant ensuite les Eaux pour se fortifier.

Vôtre Frere Charles, mon Contubernal et mon Aide, se porte bien. La Caisse des Officiers de Son Regimt l'a gratifié de Mille Plates, pour soulager les deux pertes qu'il a faites par la Captivité en Russie et par l'Incendie de Ryda. Il va obtenir enfin un Benefice d'Officier dans le Nord Uplande, mais par un Concordat, plus moderé que par le passé. La baisse de ce Trafic est encore un des fruits du nouveau Regne, et il sera fixé par un Reglement, qui assûrera un remboursement en cas de Mort ou de Demission, au lieu que sous le Regne passé les Concordats, abolis de nom, se payoient au triple et au quadruple, sans aucune sûreté de ravoir jamais son Argent.

Vôtre Cadet a obtenu enfin de la Justice de S.A.R. le Regent une Pension viagere de 300 Rdl., payables par la Caisse des Invalides. Ce Fonds me plait assez et doit assûrer la durée de la Pension. Il fut en même tems nommé Sur-Ajutant du Roi avec le Grade de Major dans l'Armée. S.A.R. lui offrit en outre une place de Capitaine dans le nouveau Corps de Cadets, qu'on veut eriger à la place de la Troupe d'Acteurs François, que le Regent a congediée. Vôtre Frere, content de la Fonction d'Aide-camp, qu'il fait auprès du Ministre de la Marine, prit la liberté de representer au Duc, qu'il perdroit par ce changement 70 rdl. par an; Mais S.A.R. voulut qu'il s'y prêtât et fit entendre, qu'on pourroit bien trouver le moyen de pourvoir à cette perte. Le Public ajuge cette nouvelle place à Vôtre Frere, et le Duc pretend y employer des Officiers d'un merite distingué mais grièvement blessés, tels que le dit Vôtre Frere et un Mr de Doebeln: Il y aura 4 Capitaines, et autant de Compagnies, chacune de 25 Cadets: en tout Cent, dont l'une Moitié des Nobles et l'autre de Non-nobles, mais fils d'Officiers ou Militaires. Cet Etablissement ne sera pas achevé si tôt. Il faudra y adapter le Château de Carlberg, destiné pour Logement. Le Fonds a aussi besoin d'être grossi. Les Penseurs croient que l'état actuel des Finances repugne à tout établissement nouveau qui augmente les dépenses. Vôtre Frere, souffrant toujours des maux aigus à la main qui n'existe pas, a été prendre les Eaux de Sètra, sans se trouver soulagé jusqu'à present: c'est du tems qu'il faudra l'attendre. Il est attendu ici tous les jours, mais il n'y a de place que pour Charles et moi dans cette Chambre du Jardin, que Nous habitons jusqu'à ce que le Maçon et le Potier ayent achevé les nouvelles Chambres, l'un à plafonner, l'autre à eriger de Poëles, ce qui pourra être fini dans la huitaine. Restent les ouvrages du Peintureur et du Vitrier; dont le premier surtout veut que les autres Ouvriers soient mis dehors au paravant.

L'Augmentation du Numeraire, par l'immense Fabrication de Papier Monnoie, a haussé de 50 pour cent le prix de toute denrée et marchandise, ainsi que de la Main d'oeuvre. C'est de quoi se ressent bien ma bourse à l'occasion des fabriques que je suis forcé d'elever. Je suis encore à apprêter interieurement l'Aile haute, bâtie l'année passée. L'Aile basse y attenante fut construite avant la Mi Juin. Du depuis 3 semaines ont été employées à charrier ici, sur essieux et par nos propres bêtes à trait, 120 poutres du Bois de Ribbinguebec, present du Baron, et 60 du Village de Ryssioe [Ryssjö], prêt, que nous a fait derechef Mr Nyblæus, proprietaire de la ferme Equestre qu'y possedoit cidevant Mr Hedengren. Le dégel inopiné et violent du commencement de Mars nous empecha de transporter ici sur traineaux la quantité du bois de construction que nous donna gratuitement le Bienfaisant Baron de Cederhielm . La semaine passée nous commençames à elever dans la basse cour le haut bout de l'Aile Orientale qui consistera en une Etable de trois loges pour les boeufs &c., Ouvrage qui nous fait remettre à la huitaine la fenaison.

Pour ce qui est de Nos Parens, on se porte bien à Orby, de même à Acrelenda, excepté que ma Bellesoeur, toujours maladive et deperissante, garde le lit depuis plusieurs Mois. A Vallhoff on est bien, et Vôtre Beaufrere a recouvré [sic] ses forces. Tout le monde est bien à Eka, et Msr de Moerner eleve actuellement le Corps de logis à Vernesta avec tout le soin possible. A Molhamar l'état est florissant et le Baron a maintenant deux fils et autant de filles. Je ne dois pas Vous laisser ignorer, si je ne Vous l'ai pas mandé il y a un an: qu'immediatement après la fatale journée du 28 Mai 1791, lorsque nous n'avions pas une piece de bêtail, ni aucun utensile pour la Culture &c, le Baron Sven Gabriel nous fit present de 2 paires de boeufs, d'un beau Carosse à deux fonds, d'un chariot ouvrier, de charruë [plog], de herse [harv] &c. Mr de Moerner nous donna pareillement 2 paires de boeufs, avec chariot, charruë &c. Le Baron Charles Gustave, Vôtre Ancien Bienfaiteur, non seulement nous a offert gratuitement, de son Inventaire à Eka, deux paires de Boeufs, des vaches, des divers utensiles et hardes, mais il y a ajouté 100 rdl. pour moi, 50 rdl. pour Vôtre Frere puisné, et 100 Plates pour le Cadet: dons gratuits, que Nous avons été obligés d'accepter, et dont nous Lui devons une gratitude ineffaçable. Dieu le fasse prosperer en tout, ce Genereux Parent! C'est avec une joye extreme que j'ai appris combien le Feu Roi étoit content de Lui.

Le Baron Reuterholm, revenu de Rome, a passé de Sund il y a 15 jours environ, à ce que j'ai appris par la Gazette. Tout le Public s'attend à le voir jouer un grand role dans ce Pays, vû son Merite personel et la faveur distinguée où il est auprès du Duc Regent. A cet egard, je seroit bien aise que Vous eussiez gagné son amitié. Sachant qu'il a un Paquet pour moi de Vôtre part, je vai [sic] lui écrire, pour le prier de la remettre à Msr Hvasser [posttjänsteman], ayant mes commissions et qui se chargera de me le faire venir. C'est pour le prevenir, car sans doute il compte le consigner à Vôtre Frere Jean, quand celuici sera de retour à Stockholm.

Vôtre Rotonde, après avoir gissé lontems chez Msr de Reen, est presentement à Ribbinguebec. Le Baron Cederhielm y est bien portant et devenu grand Cultivateur, après avoir quitté ses Metayers au Cheflieu, qui le faisoient deperir. Mais quant aux fermes et parcelles dependantes, il continue de les faire cultiver à Moison.

Les champs en Uplande ne promettent pas beaucoup pour ce qui est du Seigle en cette année. Elle sera bonne au plus, et pas abondante, ici à Ryda, où il a falu resemer tout le froment, et où le Seigle est presque totalement deperi dans le Gueret du Hollmen, et un peu clair dans le reste des champs.

L'Année passée, lors du Retour du Feu Roi, je fis une requette pour supplier sa M de m'accorder possession perpetuelle ou le Bail le plus prolongé que possible, de celle terre Domaniale, en vûe des grosses dépenses que j'eu faites pour la bien bâtir, et du Malheur que j'ai eu de les voir perduës dans un instant par l'Incendie. Ce placet fut consigné à Mr le Baron Gustave d'Armfellt, pour être presenté au Monar[que] en un moment favorable. Ce moment n'a pas été saisi ou ne s'est pas trouvé. Maintenant il s'agit de faire aller cette affaire par la voie ordinaire, savoir, un Renvoi au Conseil de Chambre &c. Mais nous avons prié le Nouveau Ministre des Finances, Mr Hakanson, par Vôtre Frere Jean, de laisser encore reposer l'affaire jusqu'après les Vacations d'été, afin que nos Bienveillans ayent plus d'appui, tous les Membres presens au dit Conseil, et que j'aye plus de loisir pour les infomer chacun du fond de l'affaire très compliquée, par des Memoires à leur faire tenir en particulier.

Plus d'un homme de poids, à qui Vôtre Cadet s'est adressé sur cette affaire, a témoigné bien de la bienveillance pour nous, mais de la difficulté de conseiller à La Regence d'accorder un Bail perpetuel, contraire aux Reglemens. On nous a conseillé d'acheter plûtôt la proprieté, à la charge du Cens ou Rente legitime, que la Couronne garderoit sans diminution, en gagnant une Somme pour le Fonds, dont la disposition lui est inutile, ou plûtôt nuisible par rapport à la Culture, toujours moins active de la part d'un Possesseur incertain. On lui a dit, qu'un tel achat peut aller à 90 a 100 Mille dal. Kmt. La Somme est bien forte pour une Cense; cependant j'y entrerai de bon coeur, pour assûrer à mes Enfans ce que je dépense une seconde fois à rebâtir cette terre, qui me coûte déja la dite valeur et plus de la moitié en sus, savoir, pour l'acquisition m 54 dl. Kmt en argent contant, et m 12 dl. à reparer les differens defauts notés à la charge de mes Predecesseurs, et pour la bâtir ensuite environ m 100 dal.; puisqu'il étoit verifié par l'inspection et l'affirmation de la Justice du Canton, que dès l'an 1786 j'avois elevé des bâtises à Ryda pour 93 ans 2/3, sans y comprendre rien de tout ce qui y a été dépensé pour l'ornement de l'endroit ou pour les commodités du Possesseur. C'est cette sorte d'Alienation qui doit plaire à tout Politique et Citoyen, comme également utile au Fisque et à la Culture. Et d'autant que le Duc Regent a déja fait entrevoir qu'il a deux grands points de vûe pour reparer la Chose Publique, savoir l'Economie et la Justice, je ne suis pas sans espoir de voir réussir cette affaire en faveur de mes Heritiers.

Si Vous pouvez compter sur la bonne volonté du Bar. Gustave de Reuterholm, comme on peut l'esperer d'un Courtisan avant que l'habitude lui ait endurci le coeur, il seroit bon, je pense, que Vous lui écriviez de Rome ou de Coblence pour l'interesser à la réussite de Nôtre affaire, en lui faisant part des reflexions propres à Nous servir d'appui.

Je Vous felicite d'avoir osé monter au sommet de Vesuve et d'être entré dans le Crater. Un voyageur, outre sa curiosité à satisfaire, a encore à constater en bien d'occasions qu'il ne dement pas l'opinion qu'on a de sa Nation. Mais s'il est agréable d'avoir regardé de près les narines [näsborrar] de Vesuve, quelle sera la satisfaction d'avoir gagné le sommet d'Ethna pour contempler à vûe d'oiseau tout un Royaume et son contour, sans bouger!

Vous aurez donc la satisfaction de voir ce Pays de liberté, de moderation et d'égalité, qu'on a crû avec raison le seul de toute l'Europe qui soit heureux et sagement gouverné. Mais il faut bien que, dans certains Cantons au moins, le Peuple ne soit pas aussi bien, qu'on l'a crû, puis qu'il y a eu des fermentations, des desseins secrets et des precautions aussi violentes que celles prises par Msrs les Aristocrates de Bern contre les Citoyens du Pays de Vaux &c.

Si la nouvelle Constitution François peut se soutenir contre une conjuration presqu'universelle des Despotes et contre tant de menées interieures, appuyées des plus anciens prejugés tant civils que religieux; ce sera sans doute la plus raisonable Aristocratie qu'ait vû le Monde, depuis qu'il a été partagé entre les Societés Civiles. Je dis Aristocratie, predicat à tort reputé odieux parmi le Vulgaire, puisque c'est la seule forme de Gouvernement qui ne degrade pas l'humanité, lorsqu'elle est Elective, et par consequent exercée par les plus sages, tandis qu'une Democratie quelconque renferme toujours une Aristocratie cachée, et de plus est impossible partout où l'Etat est composé de plus d'une Ville ou Bourgade. Le gain ou la perte de cause des François va exalter ou avilir la Philosophie et l'Humanité.

Vous serez surpris, Mon Cher Fils, que j'ose songer à l'achat de Ryda, après avoir perdu tout nôtre Mobilier par l'incendie et après les fortes depenses de l'année passée et de la courante pour rebâtir ce même Ryda. Mais j'aime tant cette terre, à la quelle j'ai sacrifié tous mes acquets et plus de 30 ans de travail, que pour en obtenir la proprieté, qui a été toujours mon grand point de vûe, je suis prêt à vendre Vonsioe [Vånsjö] et Orby [Årby], qui peuvent valoir 14 a 15 plates. J'ai encore en Magasin plus de 200 Septiers de Grains non vendus, restes des deux recoltes precedentes, qui furent abondantes, mais ne furent pas debitées dans la saison de vente par defaut de Voituriers les deux hivers passés, dont l'un manquoit de neige et l'autre en donna trop, jusqu'à diminuer d'une moitié les communications interieures du Pays. Je compte gagner quelque chose en l'hiver prochain sur ces grains, que nous avons conservés avec bien de soins, et en attendant je crois avoir la Caisse garnie pour les dépenses à faire en bâtise et en Ménage jusqu'à l'automne.

J'ai été critiqué par le passé, et je le suis aujourd'hui par bien de gens raisonables, de ne pas bâtir assez mesquinement dans une terre domaniale. Mais je ne me sens aucunement porté à vivre sans agrément, à affoiblir Nôtre santé par cette prevoyance, pusillanime et envieuse, que, par la dureté du Gouvernement ou l'iniquité des hommes, un autre que mes Dependans pourra venir en jouir. J'ai connû un Ecclesiastique qui mourut de froid pour n'avoir pas voulu rien dépenser à rendre moins incommode son apartement comme un bien de la Communauté.

Par le goût de m'entretenir avec Vous, j'ai rempli le papier, sans y songer, quoique la Poste ne part que demain. Dieu Vous ait en Garde!

GW Sillén

Vôtre Frere Charles Vous fait Mille Compls. Autant m'ont chargé de Vous en faire les Voisins, et particulierement le Baron de Cederhielm.

Vôtre Mere n'arriva pas hier ici. Peutêtre est elle allée en droiture au Presbytere.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 4 augusti 2008.
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