Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 13 september 1791.

A Torstunaby ce 13 Septbre 1791.
Ankt den 11 October; besvt den 29 dito.

Mon Cher Fils; Vôtre Lettre du 3 Août, arrivée le 2 Court, nous a comblés de joie en nous apprennant que Vous étiez alors en bonne santé, et que Vous aviez reçu en Chrêtien, en homme sage, la nouvelle de Nôtre Malheur du 28 Mai. La nouvelle attaque de maladie, que Vous veniez d'essuier et que Vous aviez heureusement surmontée, prouve bien l'insalubrité du Climat de la Capitale du Monde, sur la quelle les Auteurs Anciens ne nous ont pas éclairés, à ce que je puis me rappeller.

Huit jours avant l'arrivée de Vôtre lettre, j'en reçûs une de Stockholm, qui m'apprit qu'enfin Vôtre Pension pour cette année étoit prête à être paiée. Lá dessus j'écrivis le 30 Août à Mon Correspondent de Stockholm, de recevoir cet argent et de me faire avoir au plûtôt une Lettre de Change de 100 Rdl. Court Holl., d'autant que dans une semaine je m'attendois à Vôtre Lettre. Celle ci me vint l'ordinaire d'après, et vendredi passé le 9 Court je reçûs celle de Change, que je Vous envoie ci close. Voici la Note du Courtier Sahlberg, à qui j'adressai mon Correspondent, pour eviter la longueur d'acheter premierement des billets de Banque et ensuite la Lettre de Change: Rdl. 100 Holl. a 51 ß R. 106:12, Agio 8½ p.C. 9: 1.6 Courtage 8.6 = = Rdl. 113: 22 ß. Notez, que la Nation perd au Change avec la Hollande 14 pour cent, et que l'agio entre l'Argent en Banque et les Billets R.G. [Riksgälden] ou de Dettes de l'Etat n'est que de 8½ p.C. à nôtre charge pour cette fois, quoiqu'il passe pour 15 p.C. Cet Excedant de 15 rdl. 22 ß je ne compte pas le defalquer sur Vôtre Pension, non plus que les precedantes Traites. Il Vous reste donc sur Vôtre Pension 200 rdl. R.G. sur les quelles j'attends Vos Ordres, si Vous voulez les avoir à la fois, comme il est probable, avant Vôtre depart de Rome. Reste à concerter, où et comment Vous faire tenir la Pension de l'année prochaine, quand elle echéera et pendant que Vous êtes en chemin?

Le 5 d'Août je reçus enfin Vôtre Appointement pour les 7 derniers Mois de 1790 et les 3 premiers de 1791, montant en tout a 33 Rdl. 9 ß R.G. C'est bien peu pour 10 Mois d'une Paye, couchée sur L'Etat pour 100 Rdal. Voici les Comptes du Caissier de la 3e Brigade, Sr. Norgren:

Hr Conduct: af Silléns Lön vid 3e Brigaden sista 7 Månader år 1790: Bevillning 3: 20. 8. Centonal 23 ß 6. Krigs Expeds ½ proC. 11. 8. Til Pensions Cassan : Årlig Afgift a 6½ proC. ifrån April 1782 til Novbr 1789 inclusive 12: 5. 16. Do a 6 proC. ifrå Dec. 1789 til Decbr 1790 inclusive 1: 30. -. Do a 2 proC. samma tid -. 26. -. Befordrings Afgift för Conducteurssteget, samt Öfver- ock UnderBefäls Afgifter 14: 20. -. Interesse därå frå d. 1 Jan. 1790 til d. 30 Nov. d° ock 14 Febr. 1791 -. 40. -. Saldo 15. 4. 8. Summa Sp. Rdl. 49: -. N. Norgren.

Herr Conduct. af Sillén 1a Quartals Lön år 1791. Lön ock Betalnings Afgift -. 24. -. Slottshjälp -. 6. -. Bevillning 1: 22. 4. Centonal -. 10. 1. Pens. Cass. 6 ock 2 proC. -. 24. -. Exps ½ d° -. 5. -. Saldo 18: 4. 4. Sa 21: -. -. Norgren.

Le Solde ces deux Comptes ne fait que 597 dl. 12 ./. Kmt ou 33 rdl. 9 ß. Dans le Cours de ce Mois Vôtre 3me Quartier devroit être payé, et je n'ai point de nouvelle encore du 2d. Pour un Voiageur ce surcroit de fonds ne fait pas grande chose. Je Vous prie de m'apprendre, comment Vous voulez qu'il soit emploié.

Quant à Ve Concordat, je persiste à y participer en Vôtre Nom, esperant le pouvoir faire sans trop m'incommoder, d'autant que l'affaire ne presse guere. L'Affaire n'est pas encore arrangée et l'on est à chercher des interessés, à traiter avec quelqu'un pour la Retraite. Quelque mal paié que soit le Militaire par le Papier Monnoie trop multiplié, je regarde cet Etat comme plus solide, que le service immediat de la Cour, où l'on peut être connû, et estimé même, sans y être pour celà aucunement favorisé. Les Penseurs n'y plaisent guere. Il ne suffit pas d'être discret: il faut flater et avec apparence d'enthousiasme: heureux, si avec tout celà on est crû, dès qu'on est censé avoir du jugement. Je ne vois point d'autre raison de ce que Ve Cadet n'a point obtenu de bienfait de la Cour depuis la Journée du 16 Juin 1790, pendant que d'autres, et parmi ses Camerades, en ont été comblés, quoique avec moins de capacité, moins d'anciennité encor, et sans avoir eu de blessure. Je ne suis pas sans crainte, que Vôtre projet de Reforme en Architecture, s'il transpire, ne puisse Vous nuire auprès d'un Prince, qui dans ses dépenses, dans ses Fabriques, ne paroît guere consulter le Climat, les Moiens de sa Nation, l'état de Ses Finances.

Je n'ai point encore fait insinuer de Placet au Roi; attendant plus de la Magnanimité de S.M. dans un Moment favorable, que Nos Amis pourront saisir, que de toutes les bonnes raisons du Conseil de Chambre, dont l'Avis nous Couteroit 5 a 6 mille dl., sans être d'aucun poids auprès du Monarque, qui gouverne par Lui même.

Quelque necessaire qu'il soit, pour bien de raisons, de ne pas terminer Vôtre Voiage sans passer un certain tems à Paris, il ne faut pas que Vous y mettiez le pied sans en avoir préalablement demandé au Roi la permission, par le Baron Adelcrantz ou par Vôtre General, à moins qu'avant le tems, que Vous y tournerez Vos pas, les Affaires de France n'aient tourné au gré de Sa M.

Je Vous rend mille graces du plan, que Vous m'avez envoié du Château de Haga: il est conforme à ce qui m'en a été rapporté de bouche par ceux qui ont été le voir. Outre ce magnifique Corps de logis, qu'on seroit fondé à appeller Hecatonstylon, par un Nombre Rond, il y a bien d'autres edifices tout achevés, entr'autres un Pavillon en forme de Tente à la Turque.

Il faut Vous entretenir un peu de Nous mêmes. Je me porte, graces au Ciel! beaucoup mieux du côté de la Santé, que je n'ai fait les trois années precedantes. Quoique bien avancé dans ma 67me année, je ne me sens pas fatigué d'aller à pied à Ryda [3-4 km från Torstuna] tous les jours une fois, souvent deux fois, pour diriger la Culture et les differentes bâtises qui s'y font. Vôtre Mere, tout en souffrant de son ancienne Migraine et de l'affoiblissement de sa vûe, est beaucoup mieux qu'elle ne fut les premieres semaines après Nôtre Desastre. Elle dort mieux les nuits et a repris les forces, d'abord diminuées non obstant sa resignation.

Vôtre Frere Charlot, depuis la maladie qu'il essuïa environ la Pentecôte, se porte bien, toûjours fort occupé du Service, jusq'ici comme seul Officier present dans l'Escadron, et maintenant des preparatifs pour le Campement à faire à Stockholm et la Revûë Generale à y passer vers la fin du mois. Il se mettra demain en marche, et ne sera de retour que le 6 ou 5 d'Octobre. Un Campement si tardif ne sera pas trop commode pour Officiers et Cavaliers, et Charlot en est bien incommodé par les dépenses, aiant perdu tous ses equipages, l'année passée comme Prisonnier de guerre, et en cette année par l'Incendie de Ryda, qui consuma tout son Mobilier, exceptés les Chevaux, qu'il sauva, ainsi que les nôtres, au peril de sa vie. Il seroit trop à plaindre, s'il n'eût pas la maison paternelle, quelqu'affoible qu'elle soit maintenant du côté de la fortune.

Vôtre Cadet, de retour des Eaux de Setra, est chez nous jusqu'à la fin de ce Mois, qu'il doit se rendre auprès du Ministre de la Marine. C'est Msr de Cronstedt, qui étoit Capitaine en 1782, lorsque Vôtre Cadet [då 15 år] fit sous lui la premiere Caravane sur la Fregatte Sprengporten [sic] dans la Mediterrannée. L'Un a fait bien plus de chemin que l'autre. L'Un avec le grade de Secrete d'Etat jouit de plusieurs Ms de Rdl. en Appointemens &c. L'Autre a bien plus souvent été exposé aux perils de la guerre, y a perdu un oeil et un bras, sans avoir encor obtenu que ces frivoles decorations, tandis que sa paye d'Enseigne ne suffit pas à nourrir son Valet. Il souffre nuit et jour du sentiment de sa main perduë, des maux aigus et presqu'incroiables. La prise des Eaux Minerales ne les a pas encore diminués. On espere que le tems mettra fin à ces douleurs. Un jeune Baron Stiernstedt, blessé à la jambe par une faux [lie] et obligé de subir l'Amputation, il y a quelques années, sentit également des vives douleurs à ce pied perdu trois années de suite, non obstant la prise des Eaux, et n'en a été quitte que cet été. Je passe sous silence d'autres exemples.

Vôtre Soeur s'est très bien trouvée des Eaux de Setra et assûre n'avoir point senti de Spasmes depuis qu'elle en est de retour. Elle arriva ici Samedi passé le 9 avec Son Mari, l'un et l'autre pleins de santé. il s'en retourna chez lui hier, lundi, en Vous saluant Mille fois. Elle restera ici chez nous jusqu'à ce que nous pourrons la remener Nous mêmes ou du moins un d'entre Nous. Elle Vous écrivit, il y a deux semaines, la lettre incluse, qui a dû attendre ici ma depêche.

Nos Proches d'Orby se portent passablement bien. La Cousine Catrine est maintenant au Château de Hamra regir la Maison de la Comtesse, la quelle est attendue avant la fin de ce Mois. D'Ailleurs la terre même a été affermée au Baron de Frisendorff, Lieut: dans le Roial Uplande, ou plûtôt confiée à Moison /: halfnad :/; Bail que nous lui avons procuré pour l'avantage des deux Parties.

A Eka Nos Parens jouissent tous de la santé, même Mr d'Ekenberg, dans sa 75me année. Mais l'Edifice de Vernesta n'a pas pu être elevé durant cet Eté, quoique Msr Moerner eut assemblé les Materiaux avec une activité surprenante; C'est le defaut de Mains d'oeuvres, dont je me suis aussi ressenti, qui rend très coûteux toute construction à la campagne, et c'est la guerre qui a tant diminué le nombre des Ouvriers.

Pour ce qui est de nos nouvelles Bâtises à Ryda, l'Aile Orientale a été elevée et vient d'être couverte. On y mettra incessament des portes et des fenêtres, qui ont servi au Corps de logis de Ramsioe, remettant au Printems à l'achever interieurement. Elle a 33 aunes en longueur sur 15 de largeur, distribuée en 8 pieces, avec 4 chambres au Grenier, pour servir de garderobes &c. Ce bâtiment je l'ai fait elever par un Entrepreneur, qui n'y entend goute, mais que j'étois bien aise de charger de trouver des gens pour l'oeuvre, les Nôtres étant occupés aux Ouvrages plus pressans dans la Basse cour. Là j'ai achevé une grange longue de 74 aunes, contenant 2 Aires &c, dont l'une sert depuis trois semaines, et dans l'autre nous n'avons pu encaser du bled qu'hier, premierement faute de toit, et ensuite faute de beau tems. Tout attenant à cette grange, et pour former la longueur de l'aile Occidentale de la Bassecour; nous avons elevé, jusqu'aux solives seulement, un bâtiment de 42 à 43 aunes, pour servir d'étable, en 3 pieces, dont l'une servira d'écurie pour cet hiver, l'autre pour les vaches, et la 3me pour les boeufs, outre une 4me pour la fontaine. Cette Oeuvre, interrompue par la recolte, est recommencée aujourd'hui, et je suis heureux si avant la S. Michel je pourrai la faire couvrir et adapter interieurement.

a. matsal. b. sängkamar. c. Cabinet. d. Fr. Ullas Bur. e. Contoir. f. min Kamar. g. söners Kr. h. Kök. i. Jgfru Kamar.

Nous avons une 3me Aire, appellée la Petite, et dans le même endroit, où fut l'ancienne du même nom. C'est un bienfait de Mr le President de Post, qui non seulement m'en fit present, mais la fit lui même transporter à ses frais de Seva, ou elle étoit, et même l'elever, couvrir, en un mot, achever entierement.

Mr Seton aiant transferé à Molnebo les forges de Ramsioe, me fit present du Corps de logis de ce dernier lieu, croiant que je pourrois l'emploier à Ryda tel qu'il étoit, après l'avoir fait transporter par 40 chevaux de ses Vassaux et autant de ma part. Mais la bâtise étoit trop baroque et trop delabrée pour que je pusse l'emploier autrement que comme de vieux Materiaux. Le transport sur chariot fut aussi trop difficile avec près de 80 chevaux, par moi loués à 6 dl. l'un, outre les 34 par Mr Seton déja fournis, àpeine ai je transporté les deux tiers.

La Recolte promettoit beaucoup à tout le pays ainsi qu'à nous; Mais les grosses pluies, commencées le 26 Août et qui durerent 11 jours, ont bien degradé les bleds et surtout les nôtres, dont la moindre partie étoit engrangée, faute de Couvert, de sorte que j'ai perdu un bon tiers du Seigle. Les Mars même ont germé. C'est aujourd'hui le 8me jour depuis que le tems s'est remis au beau, et nous esperons sauver le restant, quoiqu'avec peine, vû qu'il faudra mettre la plus grande partie en tas /: stack :/, comme nous avons fait le foin.

Pour ne gêner personne ni être gênés nous mêmes, nous nous établimes le 2 Juillet dans cette Maison, ancien Bostelle de Mr Rydell, maintenant de Mr Carlstroem, Lieut., où nous sommes bien, et contons rester jusqu'à la Mi Octobre, que se doit faire la transmigration à Ribbinguebec. Ce sont le Baron Cederhielm et l'ingenieur Seman, qui, par le don de toutes sortes d'utensiles, nous on mis en état de tenir ménage, et d'avoir derechef un chez nous, sans quoi un homme à la campagne, avec gens, amis et parens, est un prisonnier et plaint par tout le monde.

Vôtre Soeur s'étant donné le plaisir de Vous faire une 2e lettre, je dois retrecir cette presente, en Vous faisant M Compls de la part des Parens, Amis et Voisins d'Eka, Orby, Acrelenna, Biornarbo, Hessle, Ribbingebec, Bongsbo, Torstuna, Nysetra, Landsberga &c. Sur quoi je prie Dieu qu'Il Vous ait, Mon Cher Fils, en sa sainte garde.

G W Sillén.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 21 juli 2008.
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