Brev från Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 20 augusti 1790.

A Ryda ce 20 Août 1790.
Ankt. den 17 September; 17 November, eller svaret ej förr slutet emedan det bestod af 73 sidor tätt skrifna.

Mon Cher Fils; Lorsque j'eus le plaisir de Vous écrire le 2 Juillet, j'avois déja appris, qu'on vouloit me faire toucher Vôtre Pension. Effectivement je l'obtins le 9 Juillet, en Billets de Credit du Bureau des Etats. J'en fis d'abord emploier 10 Rdl. R.G. pour avoir 100 Rdl. en Banque. J'y ajoutai 8 rdl. 1/3 en Menus Billets de Be, pour l'achat d'une lettre de Change de 100 rdl. Court de Holl. Avec tout celà je ne pus pas l'obtenir d'abord à ce prix, c'est à dire à 52 ß, ou 16 pour Cent au dessus du Pair, qui est 44 ß. Au commencement de ce Mois d'Août Les sus dits Billets, qu'on appelle de Riks Gäld, baisserent encore de prix jusqu'à 16 pour C. au dessous de ceux de Banque, et celà par un soudain effet de deux Ordonnances du 25 Juillet; dont l'une accorde au Bureau des Etats un delai de 6 Mois pour le Payement des Billets echûs, ou à echeoir avant la fin de l'année; l'autre enjoint aux Negocians et autres de ne payer la Douane Maritime qu'en Especes ou en Billets de Banque, afin de procurer au Bureau des Etats le Moyen de donner de la bonne Monnoie en payant ses Billets de Credit. Là dessus j'eus enfin au Change de 52 ß la lettre de Change que je Vous envoye ci close, de 100 rdl. Court de Holl., valant intrinsequemment 91 rdl. 32 ß de Suede. Vous y perdez donc 25 plates effectives, et moi tout autant, outre pareille somme en Agio, ce qui fait 75 plates ou 25 pour Cent de perte en tout sur cette traite, d'un tiers seulement de Vôtre Pension. A moins que la Paix ne vienne remettre en Valeur les Billets de RG, seule Monnoie maintenant visible chez nous, le dechet ira à 33 1/3 pour Cent sur les Traites, qui me restent à faire pour Vous faire toucher les deux autres tiers de Vôtre Pension. A tirer sur Paris, la perte seroit plus grande, le Change étant à 10 ß la Livre, ce qui fait 25 pour C. sans y comprendre l'Agio sus dit.

Cependant les valeurs Numeraires étant triplées par les Billets de R.G. ceux ci sont tombés à 16 p.C. au dessous de ceux de Be et ceux du Commissariat, apellés Fanehielms, seule Monnaie roulante en Finlande, valent autant au dessous de ceux de R.G.

Le 8 Juillet j'eus la joie de revoir Vos Mere et Soeur qui revinrent des Eaux de Sætra, avec Vôtre Cousine d'Ekenberg la Cadette. Vôtre Soeur s'en étoit fort bien trouvée rétablie; Mais Vôtre Mere n'a tiré que peu ou point de fruit de cette Cure, par un effet de plus d'un chagrin, qui lui est survenu. D'Abord elle trouva ma jambe gauche en danger, par un coup reçu par hazard le 24 Juin sur le devant de cette jambe, Erisepelatique [érésipèle=ros] depuis le printems passé. La plaie, qui en étoit provenue, n'ayant pas été d'abord assez bien soignée, étoit fort aggrandie. Les remedes ou emplatres à nôtre portée ne l'empechant pas d'empirer à vue d'oeil, on fit venir le Medecin Mr de Mannercranz, pour la traiter comme il faloit. Deux jours après, le 13 Juillet, la Poste m'apporta les nouvelles des desastres, essuiés par nos Flottes le 3 Juillet dans la Retraite de devant le Golfe de Vibourg, et du Malheur arrivé le 16 Juin à Vôtre Frere Cadet dans L'Attaque des Batteries d'Uransari [karta], île en dedans du dit Golfe. Par un coup de Canon à Mitrailles il y avoit perdu le bras et l'oeil gauches, et reçu 5 autres blessures au Visage. Il n'avoit été dûëment pensé qu'au bout du troisieme jour le 18, et au retour de ces attaques infructueuses. Le sang lui étoit ecoulé et la plaie empirée, de sorte que durant 6 à 7 jours il paroisset [sic] sans vie ou expirant. Revenu par un effet de son bon temperament, il subit l'amputation du bras à quelques pouces de l'épaule. Que n'aurat il pas eu à souffrir! A l'étroite dans un Touroma Hôpital, que l'on regardoit d'avance comme pris par l'Ennemi dans la Retraite à faire, comme étant sans Chiourme [besättning på galärskepp]. Aussi ce digne Ami Mr Egrestroem [Egerström] le pressat il souvent et fortement, jusqu'à 11 heures de la Nuit qui preceda la Retraite, de se laisser porter dans sa Gallere, mieux en état ou de se defendre: ou de fuir à Voiles et à Rames. Vôtre brave Frere ne voulut pas s'y prêter, resigné à rester là où on l'avoit placé, et ne voulant pas chercher plus de sûreté, que n'avoient les autres Officiers Malades ou Blessés. Les deux Touromas Hôpitaux, quoiqu'en chemin la Fregatte Zemire sautât en l'air tout près de celui ou étoit Vôtre Frere, arriverent presque miraculeusement à Sueabourg le 4 Juillet, sans heurter, sans être pris. Et la Galere, que commandoit Msr Egrestroem, fut prise, ainsi que 6 autres (parmi les quelles celle de Coyet) avec tout l'Equipage. Ensuite on a appris, que ce brave Officier a peri lui même, tué ou noié, dans cette terrible journée. Nous y perdimes un vaisseau de ligne, Enigheten, le plus grand de tous, et une double Fregatte, Zemire, embrasés par un nôtre Brulot, laché et incendié, sans ordre reçu, par un Enseigne constitué nommé Sandel, saisi d'ivresse ou de poltronnerie: 4 Vaisseaux de ligne et deux Fregattes, echoués pour se sauver de l'incendie, et pris par les Ennemis, un Vaisseau de ligne pris en pleine Mer, et un autre le lendemain presqu'à l'entrée de la rede de Sueabourg. La perte de la grande Flotte fut donc de 7 Vaisseaux de ligne, de 3 Fregattes, de 70 Officiers et 4520 hommes d'Equipage. Celle de la Flotte Côtiere passe pour être de 70 Voiles, y compris les bâtimens de transport et de vivres. De 800 hommes des Gardes à pied il s'y perdit 600 pris ou noyés et 13 Officiers Prisonniers, les quels viennent d'être relachés sur leur parole.

Cette affligeante Nouvelle, pour Nôtre Maison en particulier, ne fut communiqué que le lendemain à Vôtre Mere, mais pas entierement. Le Medecin et moi Nous lui apprimes, que l'oeil étoit perdu et le bras blessé. Mais Vôtre Soeur n'en sut rien, sinon qu'il avoit été Malade et se rétablissoit. Par une Visite de Condoleance, que Nous fit Mr de Seton après deux ou trois semaines, elle comprit qu'il s'agissoit d'une blessure dangereuse. Et ce n'est que depuis la semaine passée et à Vallhoff, qu'elle sait tout par une Lettre de la main de ce Frere cheri, écrite le 7 Juillet, mais supprimé si longtems, afin de lui épargner les Spasmes, qu'elle lui causa effectivement, quoiqu'il y eut tant de tems ecoulé, et que Nous ayons de lui plusieurs lettres, par les quelles il nous console. Les Barons de Sture et Stierneld, qui l'ont vû à Hellsingforrs [sic] le 7 et 9 passé, les Correspondans du Colonel Ancresuerd, le Lieut. Suthoff, nouvellemt revenu de Finlande, tous admirent sa resignation, sa fermeté, et la bonté de ses humeurs, sans quoi il n'auroit pu echaper à la Mort. Mr Suthoff avoit Ordre de le remener dans son Yacht; Mais son Medecin, le Professeur Pipping, très habile homme, declara que sa guerison demande tout le mois de Septembre, et qu'il y auroit trop de risque d'interrompre la cure par un trajet quelconque. Je lui écrivis donc Mardi passé le 17 Court, que Sa Mere se desiste de sa pretention de le revoir ici, pour être soigné dans sa maison paternelle. Il témoigne l'être fort bien à Helsingfors, Nourriture, logis et Medicamens fournis aux frais du Roi, à deduire sur son Traitement d'Aide de Camp. Ce benefice, ainsi que la presence journaliere du Medecin, viendroit à lui manquer, s'il s'en retournait trop vite chez lui.

C'est bien triste pour un jeune homme bien fait de devenir borgne [enögd] et manchot [enarmad] à la fois. Mais je lui ai representé, qu'Hannibal avec un oeil fit de plus grandes choses que Scipion; que le Grandpere de son cousin Lannerstierna perdit la jambe droite n'étant qu'Enseigne, et ce non obstant parvint au grade de Colonel; que sa tête, son oeil et son bras droit lui suffiront pour bien servir le Roi, soit à la Guerre, soit au Cabinet. Bien de gens éclairés, et nommement Msr d'Ancarsuerd, sont de cette Avis.

C'est de la Maison de ce respectable Ami, et sur une ouverture faite par la Comtesse Fersen, Douairiere de Hopken, d'après Msr Hochschildt, Secretaire de la Ville de Stockholm et Gendre de Msr Réen, que j'ai été averti, que ce seroit le moment de solliciter la prolongation de Vôtre Pension. J'y songeois déja et j'attendois pour celà l'arrivée de Vos Desseins d'une Rotonde à elever parmi Nous. Mais sur cet avis, je me mis à ecrire une Requête à la Direction de la Fabrique du Château, et je fis des lettres sur ce même sujet à S.E. Le Senateur Comte Bonde, à Mr le General de Hermansson, à Mr le Baron d'Adelcranz, à Mr Lannerstierna, à Mrs les Intendans Réen et Piper, et à Msr le Secrete Lavin. Le tout étoit prêt à partir par l'ordinaire de 13, Vendredi passé, quand Nôtre Cher Msr Lannerstierna arriva lui même la veille, ou Jeudi au soir, avec Vos susdits Desseins. Il les avoit déja fait voir au General et à Mr Réen. L'Un et l'autre en ont été enchantés. Nous deliberames ensemble sur Vos interêts et ceux de Vôtre Frere blessé. Et je fis partir ma Depêche, exceptée la lettre qui étoit pour [lui]. Il s'en fut le Vendredi voir Vôtre Tante à Orby. Le Samedi il partit avec nous pour Eka. Le dimanche, après y avoir diné avec les Seigneuries de Vernesta et de Groensoe, nous retournames chez nous, et Lundi il repartit par Stockholm. Le seul poste dans tout le Royaume qui ne soit pas multiplié depuis plus de 150 ans, c'est celui de Conseiller de Guerre. Ce Cher Parent, zélé pour Nous, comme de coûtume, avoit fait voir à Mrs Hermanson et Réen Vôtre Lettre à lui. Il se proposoit d'aller sans delai produire Vos Desseins chez le Comte Bondé et le Baron Adelcrantz: et de deliberer ensuite confidemment avec Vôtre General sur la Personne la plus convenable pour les presenter au Roi. Le General n'est pas en faveur depuis la derniere Diête. Il crut que le Baron de Silfverhielm, qui Vous a apporté les Desseins en question, pourroit mieux que tout autre les remettre au Roi, comme un Envoi de Vôtre part. En qualité d'Officier des Gardes, bien vû et probablement pensionné du Roi, nouvellement venu d'Italie, doit être agrée en apportant des fruits de ce Pays là. Il s'agit de lui faire goûter cette Commission, qui lui sera assez aisée.

Si le Bar. Silfverhielm veut bien se charger de la Commission ci mentionnée, ce fut un bonheur pour moi, que Mr Lannerstierna vint me les faire voir auparavant. Ce Baron, en dinant l'autre jour dans un Cabaret où étoit aussi Mr. Lannerstierna, s'étendit fort et tout haut sur Vos talens, vos Moeurs &c. Mr Piper, L'Intendant, qui s'y trouvoit aussi et sans être connu du Baron, en témoigne du plaisir, declarant qu'il connoissoit particulierement la verité de ces Eloges. Dans ce tems d'adversité j'ai eu la consolation de remarquer, ainsi que l'a fait de son côté Vôtre Frere blessé, que bien de gens nous veulent du bien sans aucun motif d'interêt particulier.

Par l'ordinaire du Mardi passé j'appris, que Mr Hochschild a dit au Colonel Ancresuerd, que je devois donner un Placet au Roi au sujet de Vôtre Pension. Je pense, que l'une voie pourra valoir l'autre, si l'on veut nous favoriser, pour nous procurer une espece de compensation pour Nôtre infortune. En 1786 Nous Nous adressames au Trône, d'ou l'affaire fut renvoyée à l'avis de la Direction. En 1788 je sollicitai d'abord la Direction, qui donna un Avis favorable, presenté au Roi par Mr Schroederheim. L'Une et l'autre fois nous réussimes à souhait.

Le 27 Juillet j'eus à la fois deux Lettres de Vôtre Frere Charles, l'une de Menduharyou [Mäntyharju, karta] en Savolax du 26 Juin, l'autre de Davidstad [karta], Ville Russe de la Prefecture de Kymenegård, du 12 Juillet. Par cette derniere il m'apprend en peu de mots, qu'il y étoit Prisonnier de Guerre depuis le 9, qu'il se portoit parfaitement bien, et qu'il étoit bien traité. Par une lettre du 27 Juillet, arrivée ici le 3 Court, Vôtre Cadet me fit part d'une autre, qu'il venoit de recevoir de Nôtre Prisonnier, en date de Vibourg de 20 Juillet, portant en substance qu'il y étoit depuis le 13: qu'il se portoit très bien: qu'il y étoit avec deux Camerades, le Cap. Adlersparre et le Cornette Silverstolpe, ensemble un Officier du Regt de Yoencoping, pris à la même occasion, très bien traités et accueillis partout: qu'il croioit devoir partir le lendemain pour Petersbourg.

Cette affaire de Davidstad peutêtre en apprendrez Vous quelque chose par les Gazettes Etrangeres. Les Nôtres n'en disent rien, par ce que nous y eumes le dessous. Voici ce que j'en sai. Msr Carpelan, Intendant d'Uleabourg, ayant engagé les habitans de cette Province à eriger un Corps de Milice appellé Landvärn, conclut avec eux en Fevrier dernier, au nom du Roi, un Contract formel, que ce corps seroit permanent, à condition de ne pas sortir de la Province, ni ressortir de la loi Militaire. Au mois de Mars ces gens eurent pourtant ordre de marcher en Savolax à 60 lieues de Suede. Les Paysans et les Soldats s'y refuserent. L'Intendant et les Officiers leur persuaderent d'obeïr; ce qu'ils firent. Cependant il les denonça au Roi comme criminels de Mutinerie. Le Roi, toujours bon, pardonna à tous les Soldats et au gros des paysans, en permettant cependant un Delateur d'en rechercher les principaux, de les juger, de confirmer la sentence, conjointement avec le Colonel et Premier Gentilhomme de la Chambre Baron Vrede, et de la faire executer en consequence. Voilà un Pacha, autorisé à s'enrichir en rançonnant tous les paysans un peu aisés. Ce Mr Carpelan, cidevant Major au Regt d'Ostrobotnie, a voulu signaler son zéle en menant lui même cette troupe de Milice à la guerre. Dieu sait comment il étoit avancé jusqu'à Davidstad, nouvelle Ville Russe entre Vilmanstrand et Fredéricshamn, avec 500 de ces Miliciens, et après avoir obtenu du Regt du Corps 50 Chevaux, commandés par Mr Adlersparre, Capitaine, Vôtre Frere et Msr Silverstolpe, Cornettes, il a pretendu y attaquer un Corps Russe de troupes reguliere, je ne sai pas de quelle force. Mais à la premiere décharge ces Miliciens avec leur Chef ont pris la fuite, laissant cette poignée de Cavallerie enveloppée par l'Ennemi. Cependant elle fit une forte resistance, et ayant perdu 11 Maitres elle se rendit, desorte qu'il y eut 39 Cavaliers, 2 Bas Officiers et 3 Officiers captifs. Quoique inegale que fut la partie, et sans espoir de se faire jour dans un pays ennemi et très coupé, ces braves gens n'auroient été ménages par nos Concitoyens Calomniateurs, s'ils se fussent rendus sans laisser tuer du monde, pour l'honeur de la Nation. Mais Dieu sait, comment Mr Carpelan rapportera cette Affaire au Roi.

L'Etat des Finances et la difficulté de faire des Recrûes, exigent qu'on mette fin à cette guerre coûteuse et meurtriere, mais sans autre but, que de faire voir de la bravoure. Le seul fruit qu'il y a ait à en tirer, c'est, que les Russes, qui nous meprisoient depuis la guerre de 1742, ont conçu de nous une meilleure opinion: et que nos envieux Compatriotes clabaudent moins impudemment.

Je ne Vous ai rendu compte que de l'état de Vos deux Freres. Passons aux autres Membres de la Famille. Vôtre Mere paroît n'avoir rien profité des Eaux de Saitra. Travaillée d'insomnie presque continuelle, de douleurs et de tristesse sur le cas de ses Enfans tous maintenant éloignés, elle maigrit à vûe d'oeil. Elle Vous fait Mille et Mille tendres compls. Dieu Nous la conserve!!!

Vôtre Soeur, comme j'ai marqué ci dessus s'est bien trouvée des Eaux. Elle alla resider chez elle le 2 Août. Elle s'y porte à merveille, nous donne de ses Nouvelles toutes les semaines, et en reçoit de même. Son Mari est plein de santé; L'Un et l'autre m'ont chargé de Vous saluer de leur part très tendrement en Vous écrivant. C'est ce que firent aussi recemment Nos Parens d'Eka et de Vernesta, ainsi que Nos Amis de Groensoe, de Ribbinguebec, de Torstuna, de Bongsbo, et avant tous, nos Proches d'Orby et d'Acrelenna. Vôtre Cousin Charles Gustave vit encore, servant avec honeur dans la descente à l'Es[t?;öster el. förk. f. Estuaire?] de Vibourg, dans la Retraite du 3 Juillet et dans la Bataille de Suensksund de 9 et 10 Juillet, sans pourtant être avancé.

Quant à Moi, le Medecin trouva necessaire de recourir trois fois à l'usage du Lapis Infernalis et du Scalpel. La derniere fois, ayant fait sauter un morceau de chaire noircie de la grandeur et de l'épaisseur d'un rondstycke, il en trouva par dessous des racines allant trop profondement pour être taillées, et craignant la gangrene, il nous conseilla d'appeller Mr de Schultzenheim, qui accourut aussitôt, me soigne lui même trois jours de suite, et par des remedes interieurs, ainsi que par des fomentations topiques, qu'il changea toutes les deux heures, il me sauva la jambe gauche. Après avoir passé 4 ou 5 semaines couché ou assis, la jambe toujours horisontale, je commençai à me remuer en allant en Voiture, ensuite sur mes deux jambes, dont je me sers depuis 8 jours, quoique lentement et avec beaucoup de precaution. La playe est guerie et presque refermée. Je suis quitte, pour le present, de cette rougeur Eresipelatique, qui me restoit à la jambe gauche depuis la maladie que je fis en printems passé. Je continue à prendre tous les jours du Kinkina par 3 à 4 fois, et à vivre au reste avec grand regime, me portant bien, graces au Ciel!

La Recolte est plus abondante que celle de l'année passée, mais plus difficile, à cause des pluies presque continuelles. Le seigle en herbe ayant été mangé par les vers en automne et en printems passés, le gros du Pays n'abonde qu'en Mars [vårsäd]. Nous avons ici le plus beau Seigle de toute la Contrée. Nos Mars ne le cedent pas à ceux de tout autre. Il s'agit de pouvoir les recolter sans domage. Les champs d'Oestersta promettent aussi beaucoup en cette année. Aussi en ai je bien besoin, vû les charges toûjours augmentantes. Mes Contributions de 1789 excederent celles de l'an 1788 de 115 rdl. ou 2070 dal. Kmt. Surcroît honête! On parle d'une diête prochaine. Si elle aura lieu, ce sera pour nous surcharger. Il s'agira sans doute de réaliser la garantie des Dettes publiques, dont se chargerent les Etats de 1789. Dieu sait, de quelle Maniere? si ce ne sera en portant toute l'argenterie des Particuliers à l'hôtel de Monnoie.

Je souhaite aussi que Vous jouissez d'une bonne et constante santé, et je suis de coeur et d'ame le tout Vôtre

GW Sillén

Je trouve admirables les Desseins de Vôtre Rotonde, et il me semble qu'ils pourront être decemment offerts au Monarque comme une Offrande de Vôtre part. Effectués, ils formeroient la seule Eglise de ce Pays qui fut à l'abri d'incendie.

Aller Ödmjukaste Memorial.

Sedan min Sonn, Conductn v. Fortif. G. af S. har nu i runda 4 års tid rest upå sin Konst Utrikes ock därunder, upå Ed. Exns ock Högl. Kongl. Directions högt gellande Föreskrift, nutit vår Allernåde Konungs Välgärning med den i Nåder bestådde Resepension, Så tyckes väl vara tid, att han nu skulle begifva sig upå hem vägen, til att använda den skickelighet, han kunnat sig förvärfva, ock sjelf få skörda någon frukt af sin Möda. Menn i ställe för att tänka på detta senare, har han i sista Brefvet til mig förklarat sig behöfva än et år, förutom det nu löpande, til att studera i Rom, ock alltså i underd.het önska sig Kgl. Mts Nådiga Understöd af Resepension på 2 år ännu, för att kunna använda det sista året til att bese resten af Italien, ock Paris m.m.

Det är länge sedan af Utländningar anmärkt, att de Svenske uti Vetenskaper ock Konster gjöra rätt snabba framsteg i början, menn sellan hinna rätt långt däruti innan de stadna på vägen. Månne detta icke kommer af Medellösheten, att länge nog, in eller ut rikes, arbeta sig fram i Vetenskapen? af behofvet eller åtrån, att snart vinna befordran eller rättighet att nära sig af Konstens utöfning. Då min Sonn däremot tyckes hafva förglömt detta ock, alldeles intagen af Vetenskapen, trängtar blott, att sig däri förkoffra, för att kunna den samma til äfventyrs uparbeta; Så tyckes et så godt ock visserligen icke allgement Upsåt förtjena både Bifall ock Stöd, hellst som hans Insigter, hans Flit ock hans Seder redan äro, så väl den Högl. Kgl. Directions Har Ledamöter, som hans Har Förmän vid Fortifications Staten, väl bekände.

Ock alldenstund den Kgl. Franska Bygnings Academiens Pensionairer i Rom, jag menar, allt jämt 12 til Antalet, alla ock vanligen där underhållas i 4 hela År hvardera, tyckes icke vara för mycket, om Sverige där underhölle på lika lång tid en enda sådan, enär den anträffas, som väl underbygd ock arbetsam vil sig åt Konsten upoffra.

Mine egne Vilkorr, mycket försvagade genom 4 Söners updragande til Kunniga Tjenare åt Konung ock Fädernes land, genom en Kostsam Befordrings väg för 3 af dem, som jag redan i ock för samma Tjenst förlorat, en igenom Döden, en annan igenom iråkad Fångenskap, ock den 3° genom mycket svårare Blessurer än sjelfva Döden, tillåta mig icke att ensam draga Kostnaden af den 4e ock äldste Sonnens Vistande ock Resande på Utrikes Orter i 2 år ännu. Häraf föranlåter jag att hos Ed. Exce ock Högl. Kgl. Direction aller ödmjukast anhålla om et godt Förord ock Anmälan hos Vår Allernåde Konung, att meranämde Conducteur af Sillén kunde på 2 år ännu blifva i Nåder hugnad med Fortsättning af samma Resepension, som han i dessa 2 senare Åren nutit, näml. 300 Rdl. Årligen. En Nåd, som af Hans Kgl. Mts Uplysta Kännedom ock Smak uti de Ädla Konsterna kan i all Underd.het förväntas.

Med djup vördnad förblr.

Je n'aie remis à Vous écrire ces derniers huit jours que dans l'attente d'une lettre de la part de Vôtre Soeur. Mais elle n'a pas eu le tems de la faire, empechée sans doute de son Ménage et par la Societé presque continuelle de Bioernarbo, où la Seigneurie d'Ekholmen se trouve cantonnée presentement. Mais elle n'en écrit pas moins regulierement à moi, pour avoir sa revanche. Adieu.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 15 juli 2008.
Hemsida
Nyheter
Galleri
Curriculum Vitae
Araguacema
Christofer
Kerstin Amanda

Rymd (eng)

Istider och växthusgaser
Historia
Tedas historia
Liber 1932-1999
Släktträd
Litteratur (eng)
Schack (eng)
Cykling
Sport
Webb-tips
Roliga citat (eng)
Kontakt