Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 22 januari 1790.

A Ryda ce 22 Janv. 1790.
Ankt. den 20 Febr. besvt. den 24 dito.

Mon Cher Fils; J'ai reçu Vos deux agréables lettres du 14 Nov. et du 16 Decbre. L'Une me vint ce même jour 16 Dec. et l'autre samedi passé le 16 Court. Les postes depuis quelque tems retardent plus que devant.

Le 20 Janv. Je commence dès aujourd'hui ma réponse, pour plus de sûreté et je ne Vous marquerai qu'en peu de mots nôtre extreme joye d'apprendre le bon état de Vôtre Santé, que Dieu fasse continuer. Vous concevrez, sans que je Vous le dise, combien ont été ardens les voeux qu'à l'occasion du Nouvel An nous avons tous formés pour Vôtre prosperité, et que nous faisons tous les jours avec ferveur.

Je me hâte de Vous rapporter, que ce matin je fus bien agréablement surpris par une lettre de Ve Ami Msr Bagge, Secrete du Corps des Ingenieurs, qui me marque, que dans la Succession de Msr le Comte de Horn Major, qui donna sa demission lors de la Diète, à ce que je crois, Msr le General de Hermanson Vous a presenté au Roi pour avoir l'Appointement de Conducteur dans la Brigade de Scanie, sans qu'il y a soit question de rien payer par forme de l'accordat: Que Sa M a bien voulu y donner Son Agrément le 21 Novbre: Que le Departement de la Guerre exige 3 rdl. 16 ß pour Epices: qu'en outre il a eu ordre du Chef de me proposer l'honoraire à payer au Secrete d'Etat, et dont voici le Nature. Ce General à [sic] coûtume, dans des occasions comme celle ci, d'amasser un Don Gratuit de chaque Officier avancé, et selon son Grade, pour en faire un honête present au Ministre zelé pour le Corps. Il y faudra 25 rdl. à Vôtre charge, mais sans contrainte aucune, m'étant libre de les avancer d'abord, de les faire retenir sur l'appointement même, quand il echéera [sic], ou de les refuser tout court. Ve Ami me conseille de les avancer et c'est ce que je ferai de tout mon coeur, et par toutes sortes de raisons.

Cette nouvelle nous a comblés de joye, et nous Vous felicitons, Mon Cher Fils, sur cet avantage inesperé, qui est quelque chose de bien réel, qui fait honeur également à Vôtre Merite et aux sentimens de Ve genereux Protecteur. Par avis de Nôtre Digne Ami le Baron Adam Cederhielm, ainsi que par ma propre conviction, j'étois sur le point d'écrire au General , pour le prier de songer à Vous quand Vous serez en pas d'avancer encor un degré, et pour m'offrir à payer en cas qu'il le falût pour un Concordat. Maintenant ce Digne Seigneur a déja prevenu nos souhaits.

Le 2 Decbre j'obtins enfin toute Vôtre Pension de l'année passée, 300 Rdl., mais en Billets du Contoir des Etats, sur les quels il y auroit 20 a 30 pour C. à perdre, si je ne pourrois trouver des Billets de Banque pour avoir la Lettre de Change. Mais où en trouver? il n'en paroît pas un dans la circulation. Les Negocians les ont tous amassés et referrés. Une grande partie en a été presentée en Banque, et les Especes retirées et envoyées à l'Etranger, pour eviter le Change desavantageux. Jugez, combien il l'est à present. En Fevrier 1789 l'Ecu d'Amsterdam étoit à 43 ¼ a ½; en Mars 44, en Juin, quand je Vous fis une remise, 45 ½; avant la fin du même Mois 46 ½; en Octobre lors de l'autre Remise 49 Escalins de Suede; en Nobre 50, 51, 52, 53, 54 ß. Je ne sai pas au juste, si on l'a payé aussi haut en Billets de Be, et je ne le crois pas, mais on m'a assuré de Sthlm, qu'on y a payé jusqu'à 58 et 60 Escalins en Billets de Créance pour 1 Ecu Court. Il vient de paroître une Ordonnance du Conseil de Commerce, qui defend aux Courtiers de negocier des Lettres de Change autrement que pour de l'Argent en Be. Il y aura bien de procès sur cette difference des Billets de Be et de Créance, les Creanciers ne voulant être payés qu'en Argent comptant, comme sont les premiers, et les Debiteurs n'en pouvant pas trouver, d'autant que leurs fonds, consistant en rentes, en denrées ou en appointemens, ne leur rendent que des Billets de Créance. En Ville on paye, dit on, 6 a 10 pr. C. de l'Agio entre ces deux sortes de Billets. Les Patrons des Forges sont forcés de negocier pour une certaine portion de chaque sorte, en traitant des grains. Il y a des Vendeurs qui exigent tout le payement en Billets de Banque. C'est ce que j'ai fait, vis à vis Msrs de Garpenberg, pour 150 Septiers de Seigle à 4 rdl. 1/3; mais en leur bonifiant 8 pC. c. a. d. exigeant 3 pl. ½ pour Moitié en Be.

Je n'aurai cet argent qu'au Mois de Mars, et alors je ne manquerai pas de Vous remettre les 100 Rdl., que j'ai à Vous sur Ve Pension. Pour le reste des grains, que j'ai à vendre, je me contente de la moitié en Be. Mais il paroît douteux que nous puissons rien transporter en cet hiver au pays de Mines. Par bonheur je n'ai conclu pour les sus dit 100 tx de Seigle qu'à condition de Glissoire, et il y a 15 jours que, n'en voiant point encore, j'avertis mon homme, qu'en cas que nous n'en aurons pas cet hiver, il ne doit pas compter sur mes grains, ne pouvant guere les faire transporter si loin sur l'essieu pour un augmentation de 16 ß. La derniere Recolte ne fut que moyenne, rendant 6 tx ½ par arpent ici. Aussi ne pourrai je en tout que 300 tx, sur plus de 80 tx de semés.

Le Taux de la Province est 12 pl. le seigle, 10 pl. l'orge &c. le prix courant de Sthlm 13 ½ le seigle, 11 l'orge, 21 à 24 le froment, 7 a 8 pl. l'aveine. Les Mars rencheriront encore, vû la quantité qu'il faudra resemer, pour remplacer le Seigle en herbe, que les vers ont rongé tout cet automne, et même l'hiver. L'Automne fut si doux, qu'on fit paître le bétail jusqu'à la Tous Saints. En Novbre il gela assez fortement. Les vers en furent engourdis. Tout le Novbre jusqu'à la Mi-Decbre le Dégel étoit continuel avec pluie en abondance, jusqu'à faire pousser l'herbe et bourgeonner les Arbres. Les Vers continuerent le degât sur les bleds en herbe. Il gêle depuis 5 jours, mais sans neige.

Ce 21. Janv. Je fus interrompu hier par l'arrivée de la Seigneurie de Hessle, dont le but est sans doute de remener Madlle Anne Marguerite, qui est chez nous depuis le jour des Rois. Je debute aujourd'hui par Vous dire, que je me porte assez bien pour mon âge: que depuis quelques gelées ont consolidé la boue des chemins, je fais tous les soirs une promenade de 9000 pas: que Vôtre Mere se porte bien mieux, depuis que le tems s'est remis au beau, qu'elle ne fit la semaine passée, par un effet de l'air ou de la goute montée vers la tête: que cependant la vûe lui diminue de plus en plus: que Vôtre Soeur se fortifie visiblement, n'ayant eu d'accès de Spasmes, depuis le Nouvel an, qu'une seule fois, le soir de lundi 18 Courant, et legerement: que Vôtre Frere Charles, dont j'eus deux lettres hier, se porte bien en quartier d'hiver à Âbo: que son Corps y a bâti, en automne passé, un Manege, couvert, où il dressa ses 50 Dragons et leurs chevaux 2 fois la semaine, et ainsi les autres Escadrons: qu'ayant jusqu'à present été exemté des malheureux procès, formés dans presque toutes les villes de la Finlande contre un nombre infini d'Officiers sur les discours et les écrits de la Campagne de 1788, il va y prendre part enfin comme membre d'un Conseil de guerre, ordonné d'être tenu à Abo: qu'il ne voit point de jour encore à être avancé, quoique servant depuis près de 9 ans dans ce même grade, ayant encore un ancien Mr de Bromsen, à moins que, comme on le presage, il ne se fasse un changemt total de ce Corps de pesante Cavallerie, pour en former plusieurs de toute une autre destination. Dès cette année, hors mis les 300 Dragons de ce Corps actuellement à Abo, et un nouveau Corps de Cossaques qui y est egalement et tiré de ce même Regt, tout le reste des Cavaliers, à 2 hommes près par Escadron, a été employé sans chevaux, pendant l'été et l'automne passés, quelques centaines à faire garnison à Turesund [sic, kan han ha läst Furusund fel?], avenuë Maritime de Sthlm, et 580 à Carlscrone ou sur la Flotte de ce Port. Les Cavalleries d'Ostrogotie et de Smalande y ont aussi fait le service Maritime: cette derniere au nombre de 800, dont il n'en est pas revenu 200. Telle a été la contagion dans le dit port, que selon des rapports Officiaux le nombre des Malades y monte à 7400 à la fois, et tantôt au delà. Des Hopitaux plus de m 10 cadavres furent transportés, c'est à dire déja expirés, dans une île voisine, sans compter les Morts jettés en mer durant les Croisieres. On fait monter à m 18 cette perte d'hommes à Carlscrone, et à autant en Finlande. Si, comme le croioient quelques gens du bas peuple, nôtre pays étoit chargé d'une trop forte Population, elle a bien diminué. Mais si le dessein fut d'affoiblir un Voisin preponderant, il n'a pas trop bien réussi, quand même nous eussions pu garder la conquête de la Paroisse de Pyttis, située entre les rivieres de Kymené et de Keltis.

Vôtre Frere cadet, revenu de Sueabourg 8 jours avant Noël, étant employé comme 2d Aide de camp de Mr le Colonel d'Ancresuerd, ne put nous voir que depuis le 24 Decbre jusqu'au 7 Janv: qu'il s'en retourna. En recompense de sa valeur, prouvée à Baresund le 18 Septre, le Roy a bien voulu le faire Lieutenant de même date que les avancés de Svensksund.

J'oubliois que j'ai chargé Ve Soeur des nouvelles de famille, pour répondre aux questions que Vous lui avez faites. Il est vrai qu'il parut, en deça de la mer, en Automne de 1788, un petit Memoire en Mscrt, contenant 12 points, indiquant la reforme qu'on disoit que l'Armée vouloit introduire dans l'Etat. Les voici: 1° D'appeller en Diête la Noblesse, la veritable Bourgeoisie et les Paysans: en outre les Representans du Clergé, sur le même pied que les Deputés des Regimens. 2° de Remettre sur l'ancien pied les Finances, sans les confier à un seul Ministre, Organe du Pouvoir absolu. 3. Faire garantir par la Banque les Dettes de l'Etat, et les payer successivemt, en fixant les dépenses et y faisant veiller le Senat. 4. Assigner à la Cour une Somme fixe, sans charger l'Etat de ses dettes particulieres. 5. Choisir, selon la Forme de Gouv. de 1720, des Senateurs non amovibles à volonté: en congedier peutêtre tous les 12 ans les 6 plus anciens. 6. Point de guerre Offensive sans l'aveu des Etats, point de demarches Defensives sans celui du Senat, un droit d'examiner les depêches Etrangeres. 7. Que les Charges soient données dans l'ordre prescrit par les loix, et qu'un Sujet n'en possede pas plusieurs à la fois. 8. qu'au bout des tous les 3 ans le Senat convoque les etats, pour regler les affaires Economiques, sans permettre les Monopoles ni se meler des causes des Particuliers. 9. Rétablir la Presse libre. 10. Remettre en vigueur nos bonnes Loix, en abolissant la Chambre de Police de Sthlm, nouveau tribunal despotique. 11. Découvrir et punir les Moteurs du dernier desastre, sans vengeance particuliere. 12. Faire la Paix avec les Voisins: sans Subsides Etrangers obtenir l'independance de l'Etat par ses propres forces, fondées sur l'économie et l'union au dedans: qu'au reste la Forme de Gouv. de 1772 soit maintenue, comme tenant en equilibre decent, le Peuple et la Royauté.

Ce projet, fabriqué à Sthlm, fut adroitement repandu dans le pays, et répondit bien à son but, qui étoit d'irriter Les Prêtres et les Corps des Villes contre l'Armée; où cependant on n'en savoit rien, jusqu'à ce qu'on l'apprit de ce côté ci. En effet elle ne pouvoit guere être assez inconsequente, en voulant retablir la liberté et les loix, pour commencer cet ouvrage par la plus grande des illegalités, celle d'exclure des Etats tout un Ordre du Royaume.

Quant à l'Acte de Sûreté, le Regître tenu le 20 Fevrier, jour qu'il fut reçu par 3 Ordres, fut signé par les 4 Orateurs le lendemain en presence du Roi, et en[v]oyé en Finlande par un Courier, Mr Sandels, qui revint au bout de 8 jours repandant la nouvelle, que l'armée en étoit charmée. Il eut le grade de Major. La verité est, que le Gl Ce Meyerfellt doutoit fort que le dit Acte, qui ne pouroit pas sitôt venir à la connoissance de l'Armée, repandue en quartiers divers dans un vaste Pays, pût lui plaire. Jusqu'à ce jour on n'a proposé à aucun Corps de toute L'Armée d'accepter le dit Acte, ni de le confirmer par serment. Mais on dit, qu'à chaque grade un Officier avancé doit le faire. C'est ainsi qu'il sera accepté en detail. Pour ce qui est du Clergé, il est sûr que tout Prêtre avancé jure sur l'Acte, d'abord entre les mains de l'Eveque en Chapitre, et ensuite entre celles du Prieur devant toute la Paroisse. Sans doute les Employés Civils en font autt.

Dans le Decret des Etats il n'y a pas un mot touchant cet Acte, qui fut signé le 2 Avril par le Ce Lt Marechal de la Diête, moyennant une Assertion du Roi, qu'il ne porteroit de prejudice aux Privileges de la Noblesse. Cette Assertion, en forme de Regitre, fut signée par Sa M et par S. Ece le 6 Avril, et deposée en la Chancelerie du Palais des Nobles le 23 May. Quoiqu'à la Ceremonie de la Clôture de la Diête il n'y parût des Membres de la Noblesse que les seuls Subscripteurs, savoir les Témoins du Marechal contre tout l'Ordre et son Regître, le Decret de la Diête fut pourtant signé par tous les Membres sans distinction, comme de droit. Si Vos deux Freres n'ont pas signé de même, c'est qu'avant le 27 Avril Charles avec Nombre d'Officiers eut Ordre de se rendre au Regimt, et Jean étoit alors extremement occupé à lever une Nouvelle Compagnie de Mariniers de 50 hommes et de l'exercer avant le 1 May. Il réussit à le faire, mais sans garder aucune part à cette Compagnie, fut fut donnée à Mr Malmborg, Major dans la Flotte Côtiere. Ce Cadet conte avoir cette année le Commandemt d'une Galere, qui rend pour l'Equipemt 100 rdl., sur la table 50: par mois pour lui et 10: pour chaq. hôte.

La nombreuse Societé n'ayant pas permis à Vôtre Cadet de copier les petits Desseins contenus dans Vos precedantes lettres, durant les Fêtes, il les prit avec lui en partant d'ici pour le faire dans trois de mes Copies de ces mêmes lettres. La 4me reste ici. Mr Silfverstrale en ayant entendu parler par Mr Schultzenheim le Pere, qui les a lûes, ainsi que Made sa fille, a témoigné souhaiter de les voir. Il en aura part.

Je viens d'apprendre que le Comte Ehrenswerd, gendre du General Comte Jean Sparre, a donné sa demission, après avoir obtenu à cet effet m 25 Rdl. de son Beau Pere, qui a tiré par sa Femme un très gros heritage de Hollande. On ne sait pas qui le remplacera, ni qui aura en cette année le commandemant de la Flotte Côtiere; Le Baron Rayalin, Lieut. quand feu Laurent alla en Maroc, et maintenant Intendant de Gottland et 1er Aide Camp General de la Marine, ne veut pas commander la dite Flotte, qui ne l'aime non plus. Le Colonel Ancresuerd, seul homme capable de ce poste, est retenu à Sthlm, en qualité d'Aide Camp General en second, ne l'aura pas, d'autant que le Baron de Carl Sparre, Major General et Commissaire de Guerre, ne voudroit pas avoir plus près de lui un homme aussi eclairé.

S'il est vrai qu'on a mis en circulation des Billets du Bureau des Etats pour 9 Millions de Rdl., il est surprenant qu'ils ayent encore quelque Valeur. Mais elle s'evanouira bientôt, si l'on continue à en fabriquer encore pour les frais de cette Campagne à faire. On parle d'augmenter la Flotte Côtiere jusqu'à 300 Voiles et d'y employer m 24 hommes, entre Matelots, Soldats, Cavaliers.

Dieu soit loué de ce que ma lettre étoit écrite, jusqu'ici, lors que l'ainé de mes Pupilles, le Bar. C.F. Ulfsparre, arriva. Il a fait les deux campagnes en Finlande et fut de la bataille de Svensksund. J'ai beaucoup de Contes à revoir avec lui, de sorte que bien de lettres à écrire par cet Ordinaire, entr'autres à Msr Bagge, doivent être remises à un autre jour.

Obligé de finir pour cette fois, et Vous saluant de la part de Vôtre [Mere?] et de Nos sus dits Hôtes, je prie le Bon Dieu, qu'il Vous ait, M. C. F., en sa Sainte Garde.

G.W.S.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 12 juli 2008.
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