Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 17 juni 1788.

A Ryda ce 17 Juin 1788
J'ai tout écrit avant cette date de l'Ordinaire..
Ankt. den 15 Juli, besvt den 19 dito.

Mon Cher Fils; Vôtre Lettre du 9 Avril nous est venuë le 9 May. Elle nous a comblés de joie en nous apprenant, que Vous Vous portiez bien, et que l'arrivée de ma Lettre de Change Vous avoit mis à l'aise. Vous l'aurez été parfaitement, après avoir reçu ma precedante du 18 Avr. qui en contenait une de Change de 220 rdl. Court, savoir le montant de la 2e année de Vôtre Pension. Vous aurez appris en même tems la demarche, que je croiois devoir faire del lors pour Vous obtenir la prolongation de la dite Pension. Elle fut d'abord agréablement reçue de tous ceux qu'il apartenoit. Mais on remit à écrire à ce sujet au Roi, jusqu'à ce qu'on eut la Réponse de Sa Maj sur la Pension de Msr Sundvall, pour le quel La Direction venoit de demander 300 rdl. par an et pour deux ans. Cette Réponse arriva à la mi May contenant L'Agrément du Roi, sur quoi la Direction écrivit en Vôtre faveur le 18 May, et Msr Lavin, comme Nôtre Ancien Ami, fit de son mieux, en sorte que conseillant, recommendant, très amplement la continuation de Vos 200 Rdl. pour deux années encore, on fit entendre, qu'il seroit à propos d'augmenter cette Pension à l'égalité de celle que venoit d'obtenir Mr Sundval, si S.M. le trouvoit bon.

Là dessus j'écrivis à Mr de Schroederheim le 23 May, pour le prier de faire de son mieux pour Vous obtenir les 300 rdl., quoique j'eusse demandé 400, afin qu'on eût lieu de défalquer quelque chose. Le 2 Court Mr Lavin me manda que la Direction venoit de recevoir une Lettre du Roi en date du 22 Avril, contresignée par Mr de Carlsson, Secrete d'Etat pour le Departemt de la Guerre, et qui contenoit l'ordre de Vous continuer Vôtre Pension pour 2 ans encore. Aussi Nôtre demande et la Recomandation de la Direction ont été prevenuës par le Roy, et du propre mouvement de Sa Maj, ce qui est bien flateur d'un côté, si d'un autre nous perdons par là l'espoir d'obtenir l'augmentation. Je n'ai garde d'avertir Mr de Schroederheim que Ve Affaire a déja été expedié par un autre Departement, que le sien je souhaiterois qu'il la raportât au Roi et que celà donnât occasion à Sa Maj de nous accorder l'augmentation en question. Mais par bien de raisons je n'ose pas trop compter là dessus, et nous devons benir le Ciel de Nous avoir fait obtenir le principal d'une maniere aussi honorable.

Il me vient à l'esprit un Expedient, qui viendra trop tard peut être. C'est d'écrire au plûtôt à Vôtre General, pour lui marquer, que je n'attribue qu'à lui d'avoir fait venir au Roi l'idée de prolonger Vôtre Pension, et que, la bonne volonté de la Direction ayant par là été prevenuë, je le prie de Vous donner Lui même cette Augmentation manquée, en Vous accordant sur L'Etat de Son Corps et sur le fonds destiné aux Voyageurs, 100 rdl. par an, bienfait, dont Msr Sundval jouit depuis quelques années, si je ne me trompe. Ce General [Johan von Hermanson], non obstant sa corpulence, se prepare actuellement à aller un de ces jours en Finlande, à la suite du Roi et equipé comme pour la guerre. On a dit, que ce depart de Sa Maj étoit fixé pour après demain le 19. De sorte que ma proposition au General viendra toutjours trop tard et l'auroit trouvé déja trop occupé, quand même je l'eusse faite une ou deux semaines plûtôt. En tout cas, j'aurois toûjours témoigné ma gratitude duë à ce Seigneur pour le bien qu'il dit de Vous à toute occasion. Mr Lannerstierna, toûjours extremement occupé de sa charge et plus encore dans la conjoncture presente, nous raconta, dans la Visite de 24 heures qu'il nous fit le 10 Court, comme quoi le General a fait n'agueres, en pleine Assemblée du Conseil de guerre, un très ample eloge de deux Officiers de Son Corps, maintenant voyageurs &c. C'étoit de Vous et de Msr. Sundvall qu'il parla avec assez de force, pour attirer à Vos deux Noms la curiosité de Mr de Toll. On loue extremement un Dessein, que Mr Sundvall a envoyé au Roi, et qui a donné occasion à la Direction de la Fabrique du Château de lui obtenir la Pension susmentionnée. Sachant que Vous êtes des Amis de Mr Sundvall, j'ai souhaité apprendre le sujet de ce Dessein, mais je n'ai trouvé personne qui ait pu satisfaire ma curiosité à ce sujet.

Je viens de faire ma lettre pour Vôtre General, pour n'avoir point de negligence à Me reprocher. Je ne crois pas qu'il Vous faille écrire à S.E. le Comte B. Il lui suffira d'avoir part à Vos Relations. D'ailleurs je lui ai écrit deux fois, ce printems passé, sur Vôtre sujet.

Si j'ai tardé 5 Semaines à répondre à Vôtre lettre, celà vient de ce que j'ai voulu que mes autres Enfans Vous écrivissent en même tems. D'abord Ve Mere, Ve Soeur, Ve Cousine A.C. Ekenberg et Ve Beaufrere étoient partis des le 4 May pour Stockholm, afin d'y faire toutes les Emplettes qu'il faloit. Ils n'en revinrent que le 14. Du depuis beaucoup à travailler aux preparatifs, d'autant plus qu'il faloit avancer de huit jours la Nôce. Elle avoit été projettée pour aujourd'hui, Mais Mr L'Archevêque, devant presider ce même jour à la Solemnité d'une Promotion de 75 Maîtres [d]es Arts à Upsale, et voulant aussi en personne consacrer L'Union de Son Frere avec Vôtre Soeur, on fixa pour celà le 10 Court, afin que Vôtre Mere, libre de ces soins, en eût plûtôt le tems de soigner sa santé en prenant les eaux Minerales, partie étrangeres et partie celles de Lislena.

Enfin la Ceremonie se fit ici Mardi passé le 10 Juin. On vouloit la faire dans l'Elise de la Paroisse, mais à cause d'un Accès de goûte que Mr L'Archevêque venoit d'essuyer, il falut la faire chez nous. Pour avoir plus de place, on avoit ôté le lit de l'apartement de Vôtre Mere. Les planchers ainsi que les portes, fenêtres &c ont été peinturées de nouveau ce printems, la Cour et toutes les allées sablées. Nombre de ceux qui devoient être presens, ne le firent pas. Mr de Post Lieut.Colonel et sa femme, soeur de mon Gendre, contoient venir de Finlande à la Nôce et passer ensuite cet été en Suede, et il mourut subitement à Abo. Msr de Troïl l'ainé, Secretaire de Revision, et son Epouse sont venus nous voir 8 jours avant la Nôce, en allant aux eaux de Sudrecoping. Vôtre Tante d'Acrelenna, malade depuis près de 8 mois, ne put venir, et à cause d'Elle Vôtre Oncle Laurent s'excusa aussi. Autant firent le Baron Oxenstierna d'Eka et Mnsr d'Ekenberg. Mais Mr et Made de Moerner, les Demlles d'Ekenberg et le Baron de Molhammar arriverent, sans l'Epouse de ce dernier excusée par l'approche de ses couches. Vôtre Tante Charlotte s'excusa aussi. Il n'y eut donc qu'une grande Table de 24 Couverts. Le surlendemain 12 du Mois Nous donnames un diner à nos Voisins; et avanthier le 15 un repas à tous nos Paysans de Ryda et d'Orby, au Metayer de Vonsioe [Vånsjö], aux Maîtres Valets d'Orby [Årby] et d'Oestersta [Östersta], avec leur femmes, Enfans un peu grandis et leurs domestiques, ainsi qu'aux femmes de nos Domestiques, total plus de 100 Personnes, outre Nos Convives du Presbytere &c.

Aucun de Vos Freres ne put être de ces fêtes. Jean, informé que Msr de Rosenstein ne le nommeroit pas pour l'expedition de Maroc, obtint la permission d'aller examiner les Côtes de Finlande. Le 16 May il partit pour Sueabourg, avec Mr Egrestroem, sur une barque de pecheur ou plûtôt de Marchand Poissonnier. Ils arriverent le 20 par un vent peu favorable. Ayant déja eu le vent de quelque armement, ils craignirent de ne pas arriver assez vite. Ce bruit sourd se verifiait, et l'on eut bientôt ordre d'armer en diligence par terre et par mer.

Nous avons eu des lettres de Ve Frere Jean du 29 passé. Il se portoit bien, il n'avoit point eu de commandement alors, mais il croioit avoir une Echaloupe à Canons à commander. C'est domage que ce Corps ne soit pas plus fort. On y supplée par des Regims Finnois qu'il est difficile d'instruire à cause de la langue.

Du Regt de Gardes à Cheval il ne devoit marcher que les nouveaux Dragons au nombre de 300. Les Cuirassiers, dont étoit Charles, ne devoient que se preparer à marcher aussitôt après la fenaison [slåttern], ce qu'il fit. Le 30 Mai il eut ordre d'aller commander 50 Dragons des Compagnies Colonelle et Roslague, par la raison que Mr Meyerhelm, Officier Dragon, dans la paix s'entend, de la Comp. Colonelle, devoit servir d'Ecuier au Duc son Colonel. Charles Vôtre Frere tenant, comme de droit, à l'honeur cet employ dans un cas si pressant, partit ce même jour là pour affaire à Upsala, de retour le soir, il court la même nuit à Eka, ensuite à Stockholm, se pourvoir de nouveau harnois, armes &c tout à la Dragonne, selle à bât, Canavette, Coffres de Cuir: il faloit tout faire faire à la hâte par des ouvriers à double prix ici, et au quadruple à Stocolm. Pendant qu'ils travailloient, il lui faloit dresser ses chevaux à ses habits, housses et armes Dragonnes, habiller et exercer deux Valets, qu'il n'eut point de peine à trouver, ayant à choisir parmi ceux qui s'offroient à lui. Nous lui cedames pour eux deux livrées toutes neuves. Et ayant perdu le 27 Mai nôtre Vogel, qui prit parti parmi les Gardes Chevaux Legers, il nous falut faire encore faire pour son Successeur une livrée neuve.

Le 7 Juin Vôtre Frere marcha à Upsale, prendre le commandement de 75 Dragons, qui devoient s'y assembler des Compagnie Majore, Nord-Uplande et Roslague. A cause de celà il ne put pas seulement demander le Congé d'aller assister à la Nôce de sa Soeur. Il campa avec son monde à Upsale, jusqu'à la nuit du 13 qu'il leva le Camp et se mit en marche pour se rendre le 14 à 1 heure après midi devant Stockholm, entre Haga et Frössunda. Apparemment il doit camper dans ces environs là, jusqu'au jour de l'embarquement. La il doit trouver ses 25 Dragons de la Colonnelle, garder ceux de Roslague, remettre ceux de la Majore et la Nord-Uplande à Mr König, et attendre les autres quatre Escadrons de Dragons, pour être tous commandés par Mr Silfverskoeld, Major. Ce double Equipment de Vôtre Frere, coûte 250 rdl., quoique il n'ait acheté ni chevaux, ni habits de livrée. Tous les articles sont rencheris au quadruple. Mais comme c'est une marque de confiance de la part de ses Superieurs, on se console de cette dépense. En fait de Service on se repait de l'honeur, quand même on ne parvient pas aux honeurs.

Adolphe de Walden est allé volontairement joindre son Regimt en Finlande. Il marche avec Vôtre Frere, montant un de ses chevaux. Mais Charles de Valden, marié, il y a un an à la petite fille du Revd Oestman, a refusé de marcher, quoiqu'il ait été commandé. On croit que la Discipline sera renforcée et les Concordats finis, éteingts.

La belle mere du Prieur Ramstedt étant morte il y a 15 jours, lui et son Epouse sont à Stocolm du depuis pour l'enterrer et partager la Succession. Vôtre Oncle a pris le parti honorable de laisser marcher son fils Charles Gustave, quoiqu'il n'ait point d'appointement, mais il pourra l'obtenir par là au bout de l'an.

A Stockholm on a mis l'embarguo sur tous les bâtimens dans le port, et 28 Galeres sont déja prêtes à voguer. L'Embarquement devra bien se faire au plûtôt, puisque le Regimt de Dalecarlie passa par ce Canton 2 ou 3 jours plûtôt, qu'il n'étoit destiné, par une marche forcée, c'est à dire les Soldats mêmes voiturés par 700 Chevaux à chaque relais. On fait monter à 33 le nombre de Troupes de terre mises en mouvement, et à 24 le nombre des Vaisseaux de ligne, qui feront voile, s'ils ne l'ont déja fait. Le Duc Charles est à Carlscrone, pour commander cette Armée Navale, ayant pour second Chef L'Amiral Comte de Wrangle, et pour Aide de Camps General, le Baron de Rayalin, Intendant de Gottlande, et cidevant Capitaine dans la Flotte Côtiere et Gouverneur de St. Barthelemi.

Si je ne me trompe, les Galeres ne doivent plus servir qu'à transporter des troupes, qui servent de Chiourme ["galärslavar"] le jour et campent à terre toutes les nuits. C'est la Flotte Côtiere qui sera chargée de combattre, pour defendre un Archipel d'une Etendue de près de 2 mille Milles d'Italie.

A L'egard de l'objet de ce Grand Armement, le Roi le sait, et pas un autre, à ce que je crois. Sa M a bien voulu faire part au Senat de ses vûes, mais il n'en transpire rien, comme de droit. Les bruits populaires, qui courent, sont plus absurdes les uns que les autres. Cependant ils amusent la curiosité du Public. Il paroît certain, que c'est en Finlande que l'Armée se portera. Ce Pays est déja si mal par la mauvaise recolte de l'année passée et par le peu d'apparence de celle qui croît actuellemt, qu'il ne pourra que gagner par la presence d'une Armée, en faveur de la quelle il faudra y apporter et y répandre du bled et de l'argent. Les gens du pays souffriront bien un peu par l'equipement de tous leurs Soldats et de la Reserve, comme aussi par le voiturage. Mais il sera vivifié par la quantité du Numeraire et des Provisions, qui vont y être transportés d'ici. Je ne sais pas si je me trompe, mais il me paroît que, de même qu'un Etablissement de Forges, le sejour d'une armée engraisse un Pays affamé, tandis qu'il desole un Pays abondant.

Quels que puissent être le dessein et le sort de ces mouvemens, tout bon Suedois ne pourra que se plaire à considerer l'Energie du Gouvernement present et l'esprit guerrier, qui n'a pas encore abandonné la Nation. Les Valets courent se faire enroler, en se faisant grassement payer. Il ny a pas une Seigneurie dans cette Contrée, qui n'en ait perdu un ou deux de cette façon. Les Voiturages extraordinaires, qui à cette occasion ont déja monté à 12 chevaux par Ferme Entiere, et à proportion pour les autres, et qui sont bien loin d'être achevés, ne font pas murmurer les bonnes gens de la campagne. C'est bien le meilleur des Peuples et le plus confiant du monde.

L'Argent abonde à Stocolm. La bâtise du Château de Haga ne discontinue pas. Mais au lieu de Soldats, ce sont des Paysans Dalecarliens, qui y travaillent. On m'a dit, que le dessein de Msr Templeman a deplû, et que Mr desprez [sic] a été emploié à le redresser, autant que faire se peut, sur les fondemens déja jettés. Mais on ne parle pas du Dessein de Mr Dufourny. Charlot n'eut pas le tems d'aller voir, combien étoit avancée la Fabrique. Mr Reen a été extrememt satisfait de Ve lettre à lui, ainsi que de toutes les autres, dont il a eu part. Elles coulent entre les mains des Gens comme il faut, generalemt applaudies.

Vôtre Mere, Vos Parens, Nos Voisins, tous Vous font Mille Compls par Vôtre très affectionné

GW de Sillén

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 25 juni 2008.
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