Brev från Georg Wilhelm af Sillén till sonen Gustaf af Sillén den 18 april 1788.

Brevet adresserat:

A Messieurs
Msrs Bouchard et Gravier,
Libraires François, al Corso:
pour être consignée
à Monsieur Gustave de Sillén

par Hambourg à Rome.

A Ryda ce 18 Avril 1788
J'ai tout écrit avant cette date de l'Ordinaire..
Ankt. den 17 Maj, besvt den 21 dito.

Mon Cher Fils

Le 14 Avril. C'est depuis le 19 Mars que j'ai Vôtre lettre du 13 Fevrier, de la quelle nous avons tous appris avec une satisfaction inexprimable la continuation de Vôtre santé, de Vôtre assiduité au travail et de Vos bons principes. Vôtre Frere Charles et Vôtre Soeur étoient alors absens, faisant une Visite de 10 à 15 jours à Bioernarbo, d'ou ils ne revinrent que le 28 Mars, après quoi Charles devoit se rendre à Stockholm. Je m'occupai donc, durant leur absence, à faire de Vôtre dite très longue mais aussi interessante lettre trois Extraits ou plûtôt Copies, pour S.E. Le Senateur Comte de Bielke, pour le Gen: de Hermanson et pour Msrs Reen, Lagrebielke et d'autres Amis. Les deux premiers de ces Extraits étoient accompagnées de ceux de toutes vos precedantes lettres depuis Vôtre départ de Dresde, les quelles avoient déja été communiquées en Extrait à Mr Reen et des autres Amis.

Je fis de cette Collection 3 Cahiers, dont l'un contient le reste du Voyage d'Allemagne, depuis Dresde jusqu'à Verone; le second, de la Lombardie; et le 3me, celui de L'Etat Ecclesiastique et de Florence, jusqu'à Rome. Charlot, de retour, y traça les figures, et il les porta en Ville le 2 Court, accompagné de mes lettres, pour la Dite Exce, pour Vôtre General et pour Mr Lavin. Ce dernier m'a déja répondu le 7, que S.E. étoit charmée de Vos Relations, et très disposée à en faire le meilleur usage possible pour Vôtre avantage. Et sur ce que j'avois insinué à L'Une et l'autre, que, conformement à l'avis donné, il y a quelque tems, par Mr Lavin lui même, je comptois, après Vôtre Pension reçûe, faire un Memoire en Vôtre Nom à la Direction de la Fabrique du Château, pour l'engager à écrire en Vôtre faveur au Roi et Vous obtenir la Prolongation de Vôtre Pension pour deux ans encore, on m'encourage à le faire. Charlot, qui revint hier de Stockholm, raconte de même combien Vos Lettres ont plu à tous ceux qui les ont lûes, et que Mr Reen venoit d'appeller Vôtre Frere Jean pour le lui dire, et pour le charger de m'avertir, de veiller à Vos interêts à cette occasion, où, Mr le Baron d'Adelcranz ayant demandé et obtenu sa demissionen vûe de son age de 70 ans, lui même, Mr Reen, alloit demander la même chose, ayant atteint pareil âge, où selon la loi on peut quitter le Service en gardant les appointemens. Celà marque combien Mr Reen Vous veut du bien, quoiqu'il trouvât mauvais, il y a quelque tems, qu'il n'eut point eu de lettre de Ve part.

Je ferai donc un de ces jours un Memoire, en qualité de Ve Agent, à la Direction, accompagné de lettres pour les Deux Excelles, et pour les deux Intendans, où je tacherai d'insinuer indirectement, qu'on veuille bien songer à un absent en cas d'ouverture convenable. D'autant que ces Nominations dependent uniquement du bon plaisir du Roi, et qu'il ne s'agit pas là de Foerslag &c: je pense, qu'il ne faut rien postuler directement, mais tout attendre modestement, de la Conjoncture, que la Providence semble avoir arrangée en Vôtre faveur, et de bonté du Roi, fondée sur Vôtre reputation et appuiée du bon témoignage de ceux qui Vous connoissent, personellement ou par Vos Lettres. Il y a long tems que je souhaite à Mr Reen quelques aimées de vie, afin que Vous puissiez lui succeder immediatement, et je crains que sa retraite volontaire n'arrive un peu trop tôt pour nos interêts. Quoiqu'il garde ses appointemens en guise de Pension, il me semble qu'on ne trouvera guere personne qui veuille le remplacer ou faire son emploi sans être payé.

Mr Lavin me marque, qu'il y a toute apparence que la prolongation de Vôtre Pension ne trouvera point de difficulté depuis que le Roi a assigné 10 mille Rdl. environ pour acquitter les dettes du fonds de la Fabrique. Suivant ce rapport de Charles, il étoit question d'une pension, qui alloit être ou venoit d'être accordée à Mr Sundvall pour voyager. Celà seroit bien juste, puis qu'il a fait cidevant aux dépens de Mr Son Oncle. Mais après ce renfort du dit fonds, il me paroît y avoir rien à craindre pour Vôtre Pension. je ne sai pas, ni Charles nonplus, si ce Mr est en Suede, ou dans Pays étranger encore. Il seroit, à mon avis, le plus en droit de succeder à Mr Reen.

Le 7 Court Vôtre Frere Jean, muni de mon Pouvoir, a reçu pour Vôtre Pension 200 Rdl., qu'il a convertis en une Lettre de Change de 220 Rdl. Court d'Hollande, que j'ai le plaisir de Vous envoyer ci close, souhaitant que Vous puissiez en tirer autant d'Ecus Romains: ce seroit là un Giro di Cambio bien avantageux. Mr Lavin me mande, que le Caissier du Château demande Vôtre Acquit de main propre, pour être joint à ses comptes. Vous pourrez me l'envoyer écrit sur du Papier fin ¼ de feuille, en ces termes: Utaf Högloffl. Kongl. Slottsbyggnads Directionen har undertecknad, igenom mina ombud, rigtigt utbekommit ock fått til mig utremitterad, för bägge åren 1787 ock 1788, den af Hans Kongl. Majt i Nåder mig bestådda ResePension af 200 Riksdl. årligen, tilsammans Fyra hundrade Riksdal. Specie, som härmed quitterde varda. Rom den [tomrum] Maji. G.S. Conduit. af Kongl. Fortifn. Riksdl. 400 Specie. [Det sista tillagt med liten stil, för säkerhets skull?]

Je pense, qu'à l'heure qu'il est Vous aurez déja écrit à Mr L'Intendant Reen, suivant l'avis contenu dans ma precedante du 29 Fevrier, qui renfermoit aussi une lre de Change de 109 Rdl. 36 ß Court d'Holl. Elle Vous sera parvenue les premiers jours de ce Mois, et je suis indecis, si je dois Vous en envoier la 2de de celle que Vous eutes l'année passée à Ratisbone. J'ai preferé de faire tirer sur Amsterdam, jugeant nôtre Change moins desavantageux sur cette place que sur Paris, vû que la livre de France coûte ici 9 ß, c'est à dire 16 à 17 pour cent au dessus du Pair.

Voici la Composition de l'Encre à écrire: 4 de Noix de Galle, 2 de Vitriol, 1 de Gomme Arabique; le tout concassé et maceré pendant quelques jours dans de bonne eau de riviere ou de source. Ajouter y un peu de Sucre, s'il Vous plaît. pour le rendre luisant. Si Vous en mettez trop, l'encre sera glutineuse. C'est la teinture de noix de galle, mêlée au vitriol verd ou de Ferm qui donne la noirceur à l'Encre. Un vitriol bleu ou de Cuivre, bien pur, ne feroit point d'Encre, comme ceux de Chypre ou de Hongrie. Je crois, que le Vitriol Romain a, comme le nôtre, pour base le fer. En cas que non, il en faudroit augmenter la dose.

J'ai oui parler d'une autre proportion entres les ingredients de l'Encre, savoir, gomme, vitriol, Noix de Galles, comme 1.2.3. Je la crois fort bonne, car elle renforce le Vitriol, qui noircit L'Encre, et le Gomme, qui l'empeche de passer. N'oubliez pas de me mander, combien Vous coûtent Vos Lettres, envoyées? reçûes? Mrs Bouchard et Gravier comment ont ils trouvé l'adresse de ma derniere Lettre, commune à Vous et à eux? Sans cette nouveauté, la lettre m'auroit coûté 23 Escalins de plus en Port.

Si jamais Vous envoiez quelque dessein, par quelque Voyageur, et que Vous voudrez le faire parvenir au Roi, la prudence exige de ne pas l'adresser à Sa M, ni même à quelque Seigneur ou autre homme de poids. Il est arrivé à un homme que Vous connoissez très bien, qu'un tel envoi n'arriva pas. La jalousie produit des effets étranges, et tout le monde n'est pas delicat sur les moyens de satisfaire cette basse passion. Adressez simplement à moi le paquet, pour être remis chez Msr Gilberg, et je le ferai ensuite tenir au Comte B. [Bielke] ou au Gen. H. [Hermanson] selon les circonstances, pour être presenté où il faudra.

Je viens de faire ma Lettre pour Vôtre General, pour n'avoir point de negligence à Me reprocher. Je ne crois pas qu'il Vous faille écrire à S.E. le Comte B. Il lui suffira d'avoir part à Vos Relations. D'ailleurs je lui ai écrit deux fois, ce printems passé, sur Vôtre sujet.

Le 16 Avril. Je viens de finir une forte Depeche, à faire partir après demain par l'ordinaire, au sujet de Vôtre affaire. Savoir, un Memoire ou Requête à la Direction pour demander ses Bons Offices auprès du Roi pour Vous obtenir deux ans de plus de Pension augmentée au double. Cinq Lettres pour les deux Excelles, les deux Intendans et Mr Lavin. Une autre pour Vôtre frere Jean, en consequence de la quelle il doit aller deliberer avec Mr de Lannerstierna sur le sens de l'avis de Msr Reen, et sur le parti qu'on pourra tirer de la Conjoncture. Je suppose, que Mr de Piper, déja Intendant de Cour et payé par L'Extraordinaire, aura l'exercice de la Charge de Msr. Reen. Elle est de nature que personne ne s'en pourra charger sans être payé. Ainsi il ne sera question, à Vôtre egard, que d'un titre à gagner, ce qui paroît aussi être le sens de l'avis donné par Msr Reen. Si l'on veut bien Vous regaler d'un avancement titulaire, à la bonne heure. Mais en le briguant directement, on est presque sûr de se compromettre, même si l'on réussit, plus encore si on echoue. Je vais écrire à Mr Lannerstierna; je veux qu'il mette en mouvemt Ve General et Le Comte Ehrensverd, qui est encore à Stockholm. Je ne doute pas que ce dernier n'ait été questioné par le Souverain, comment remplacer les deux Intendans, qui se retirent. Il n'est pas aisé d'y répondre, surtout à l'égard du Baron d'Adelcranz, des que Mr Reen ne ceci succéde pas. J'espere, que commençant à sentir de la disette en ce Métier, savoir pour remplir les principales places, on sera moins difficile à Vous accorder, si non l'augmentation, du moins la prolongation de Pension, que nous demandons.

Puisque je me vois du tems de reste, Vous aurez ci jointe la Copie de la Requête, que j'envoye, concernant Vôtre affaire. Vous jugez bien, que les 5 lettres, que je viens décrire sur ce même sujet, et toutes differentes (car ses Seigneurs et Msrs pourront bien se les entre communiquer) n'en sont que les Commentaires.

On m'a dit, que lorsque le Baron Adelcranz deamanda au Roi son Congé, Sa M lui avoit demandé, par qui il croioit pouvoir être remplacé? et qu'il avoit répondu, qu'il ne connoissoit personne. Celà est fort probable et faute d'un tel Sujet, il faudra ou que la place reste vacante, ou qu'elle soit annexée à quelque Seigneur du Senat ou de la Cour, qui n'en sera que le titulaire. Mais comme il faudra toûjours que la besogne se fasse par quelqu'un, il faudra enfin en venir à l'augmentation des Emplois inferieurs de ce Departement de sorte qu'on aura bien besoin de Vous, quand une fois Vous serez de retour. Mais il ne faut pas revenir trop tôt. Quatre ans d'absence, bien emploiés, Vous donneront plus d'assurance, et aux autres plus de deference pour Vos lumieres.

Ce 17 Avril, Vous apprendrez bien par Vôtre Soeur, qu'elle restera avec nous quoique mariée, et pour un tems illimité. Toute nôtre Parenté et cette Contrée même est très contente de cette resolution. Je ne dis rien de la joie qu'en témoignent Vos Freres. Cette parfaite union de nôtre famille nous fait de l'honeur et du bien à tous. Nôtre domestique n'en sera augmenté que d'une fille de chambre de plus, savoir celle de Vôtre Soeur, car quant au Valet de Mr de Troïl, nous avons retranché un Palefrenier [stalldräng], depuis un couple d'années.

Ayant été mal servis en Vaisseaux de Cuivre par le Chauderonnier [kopparslagare], nous ne pumes commencer à faire du Brandevin chez nous, que la semaine passée de sorte qu'aiant payé le Nouvel impôt pour 4 Mois, nous n'en jouissons qu'apeine autant de semaines. Cela nous donne, avec beaucoup de besogne, peu et de mauvaise liqueur. L'art est perdu parmi les particuliers, et cette liberté rendue ne sert que l'interêt des Chauderonniers et l'ivrognerie de nos domestiques, que les Brasseuses regalent en nous volant impunement.

Par l'exces de Neige, cet hiver a été fort incommode et peu utile depuis la fin de Janvier. Depuis 8 jours le dégel et l'inondation des bas terreins nous òtent quasi toute communication au dehors. Cependant le terrein un peu elevé et surtout le bois sont encore surchargés de neige. Il en tomba de nouvelle tout le jour d'hier et elle est suivie d'une forte gelée. Le labourage et les semailles ne commenceront que bien avant en May.

Entr'autres Amis Mr le Baron Cederhielm, ravi de Vos progrès &c m'a fait toute une longue lettre pour les relever. Il craint qu'il ne Vous survienne de tentations de servir ailleurs, la pauvreté ne permettant guere à nôtre Pays d'user de Vos talens. Il Vous conseille de ne pas les détourner de l'Architecture Militaire, esperant qu'un jour nous serons assez éclairés pour donner plus de soins à fortifier nôtre Pays qu'à l'orner de bâtimens.

Tous nos Voisins, Parens et Amis, très sensibles à Ve bon souvenir, Vous ont fait mille Compls. Vôtre Tante d'Acrelenna est malade et allitée depuis 27 semaines. Cet état ne sauroit être que ruineux pour cette Maison. Vôtre Mere Vous salue tendrement. Elle sent diminuer continuellement sa Vûe et sans être allitée, n'a qu'une foible santé. Concluez par mes longues lettres du plaisir que j'en trouve à m'entretenir avec Vous. Elles ne finiroient pas, si le Port [portot] en étoit moins fort. Dieu Vous ait, Mon Cher, en Sa Sainte Garde.

GW Sillén

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 22 juni 2008.
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