Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till Gustaf af Sillén den 30 januari 1787.

Brevet adresserat:

A Monsieur
Monsieur Gustave de Sillén,
Gentilhomme Suedois.

Franc. Hambourg

à Dresde

abzuliefern beym Schwedischen
Herrn Gesandten.

A Ryda ce 30 Janv. 1787.
Emot. den 15 Februar, besvt den 17 dito.

Mon Cher Fils, Vôtre lettre de Dresde le 30 Decbr passé, arrivée le 19 Court, remplie de Vos bons sentimens et d'observations très curieuses sur tout ce que vous avez déja vû chez l'étranger, est un sujet de joye pour tous vos Proches, et d'édification pour moi en particulier, assez curieux de ces sortes de remarques et penetré de satisfaction de voir le bon emploi que Vous continuez à faire de Vôtre tems. Le plaisir égale celui que nous ressentons tous d'apprendre, que Vous et Mr Vôtre Cousin vous jouissez d'une bonne santé l'un et l'autre et que Promoteur de Vôtre voyage il ne discontinue pas ses genereuses bontés envers Vous. -C'est effectivement par discretion que je m'abstiens de lui marquer directement mes sentimens, tant que Vous avez le bonheur d'en pouvoir être l'interprete. Je surseois de même au devoir d'écrire, à Mr le Baron de Loevenhielm, pour le mercier des bontés dont il Vous à [sic] honoré, et à Mr de Celsing, mon Ancien Ami, pour Vous recommander aux siennes, persuadé que le Credit de Mr le Baron d'Oxenstierna suffit pour Vous les attirer. C'est pourquoi je n'ai garde de charger ces Seigneurs d'une nouvelle branche de correspondance, inutile pour Eux et le Service.

J'oubliai de vous écrire à Berlin, qu'il faloit y prevenir Mr Le Comte, par Mr Vôtre Cousin, afin qu'écrivant en pour il eût la bonté de faire de Vous une mention favorable. Comme les Ministres doivent rendre compte au Roi de tous Ses Serviteurs qui passent sous leur yeux, il ne faudra pas negliger cet avis à Dresde.

Marquez moi, s'il vous plait, comment Vous avez payé le port de mes lettres, que Vous avez reçûes à Berlin et à Dresde, et si parraport à cet objet il y a differens arrangemens entre Nôtre. Nôtre Cour et celles des dites Capitales. En Vous écrivant à Berlin, je payai le port 11 ß [skilling] à Hambourg. Ayant marqué la même adresse sur ma lettre pour Dresde, le maître de postes, l'effaçant y nota Dresde et 16 ß de port. Ayant demandé, d'où venoit cette difference, et si la Suede l'est chargée d'une recette Etrangere pour les Postes d'audela de L'Elbe? je n'eus d'autre éclaircissement, si non que le Taux portoit 16 ß. pour Dresde et 11 ß. pour Berlin.

Peutêtre n'en fait il pas d'avantage. Mais ce port de lettres, que les bureaux en Suede perceoivent quelquesuns pour des Etats d'Alemagne, a de quoi surprendre. Je me rappelle, que lors du sejour de Vôtre Cadet dans la Mediterrannée, je voulus de même payer mes lettres jusqu'à Hambourg, mais que le Maître de Postes en marquant Livourne me debita chaque fois pour 17 ß. 6 rst. au lieu de 11 ß. Et quant à celles qui me vinrent de la derniere de ces Places, je dûs les payer tantôt 24 ß 6 rst. Tantôt 22 ß 6 rst. [1 skilling = 12 runstycken.]

Venons à ce qui nous interesse le plus, la santé de Vôtre Mere. Elle est assez bonne presentement. Peutêtre est ce un effet de cet hiver serein, calme et égal, dont nous jouissons, ainsi que d'une glissoire, la meilleure qu'on se rappelle avoir jamais eue. Mais pour ce qui est de ses yeux, elle ne sent aucun effet de la douloureuse cure, qu'elle subit à Stockholm le mois passé, si ce n'est que l'oeil gauche se porte tant soit peu moins mal. Elle vois aussi trouble qu'auparavant, toujours comme à travers d'un brouillard, et plus il y a de clarté, plus elle souffre. La tête lui fait moins mal: c'est que depuis plus d'un mois il ne fait point d'orage, pas même du vent. Cela étant, son apartement ordinaire est assez chaud, cependant elle passe toutes les nuits dans le mien, pour obeir à Mr Vôtre Cousin et à Vous, et je m'en trouve très bien. Au reste nous nous portons tous bien, ainsi que nos Parens d'Eka et de Vernsta. L'ancien Baron est attendu ici incessament.

Deux de nos obscurs Financiers sont morts, Christianni et Sundeman. Les Enfans de ce dernier ont forcé leur belle mere de quitter la maison peu après l'enterrement, et ils vont donner de l'occupation au juge et aux avocats. Blomberg l'est des uns, Nyblæus des autres &c. L'Illustre Financier Liliencranz a été fait Senateur du Royaume. Tout le monde croioit qu'il seroit remplacé par le Baron Josias Cederhielm, qui s'enflatoit aussi lui même. Le public fut bien surpris lorsque ce fut le Colonel Baron Ruth, grand Proprietaire, mais peu entendu aux finesses du Charge. Pour cette branche du Departement son beau pere, Mr Varendorff pourra influer beaucoup. Mais c'est un certain Mr Olson, Directeur de La Lotterie Roiale, qui comme Sousministre aura la principale administration des Finances de l'Etat. Mr Ridderstolpe vient d'être nommé aussi Senateur. S.E. Liliencranz, lorsqu'àla Cour il apprit par Mr Elers sa nomination, en fut tellement frappé, qu'il pensa tomber en defaillance. Il perd de grands revenus, mais la place de premier-Directeur de la Comp. des Indes, à la place de feu S.E. Schefer, lui vaut m 4 rd. par an, outre la paye de Senateur. Cependant on tient pour sûr, que dans peu il se retirera du Senat. Mr Vadenstierna mourut subitemt la veille des Rois, et Mr Silfverstolpe, Colonel, trepassa de même quelques jours après.

Mr de Sprengtporten a été bien graciosé par L'Imperatrice. En un jour il obtint la clé de Chambellan, le grade de Marechal de Camp, une terre avec 600 serfs, 6000 Rubles pour s'equiper, et en outre 600 Rub. pour le Ruban à attacher la Clé. Ce fut une grande surprise pour le Baron de Nolken, qui n'en savoit rien du tout, de le voir officier en Chambellan derriere la chaise de L'Imperatrice. Quoique Nôtre Auguste Maître l'ait degagé de son serment de fidelité, à ce qu'on dit, Sans doute lors de sa partance pour la Hollande, il a eu l'honêteté de stipuler avec la Cour de Russie, qu'il ne sera jamais obligé de la servir contre La Patrie, ainsi qu'on s'est reservé de la part de cette Cour, qu'il ne pourra non plus servir la Suede contr'elle. Il n'est pas croiable, que ce brave Officier ait de mauvais intentions contre nôtre Nation, quoique le mauvais état de son economie, joint à son ambition, l'ait forcé d'aller chercher fortune dans des Pays, où ceux qu'il apartient sont mieux en état de recompenser tant de vaillance et de talens.

L'usage de la chair de cheval sur nos tables vient de se reproduire. Durant le sejour du Roi à Upsales aux Mois de Nov. et Dec. Msr Tigrehielm, ancien veneur, lui fit sa cour par l'envoi de quelques pieces d'Elans. Cela fit venir au Baron Cederhielm l'idée d'offrir à Sa Mte un Rôt de Cheval, pour en manger, afin d'en donner à la Nation un Exemple utile. C'est ce qu'il fit par une lettre du 3 Dec. Le Roi li fit répondre que ce present seroit agrée. Là dessus le Baron tua lui même un cheval, en envoia la langue, le coeur et une cuisse à la cuisine du Roi, et quelques jours après il apprit, par une seconde lettre de Mr de Schroederheim du 11 Decbre, comme quoi le Roi en avoit mangé avec appetit, en louant cette entreprise patriotique du Baron. Mais, tout comme si l'on eût soupçonnéson dessein de faire imprimer un recit de cette nouvelle tentative, on lui en defend, de parle Roi, la publication par les papiers publics, en vûe de certaines considerations, que je n'entrevois gueres. A mon avis, la lettre du Baron marque pour le moins autant de courage, que la boucherie de cheval. Le 18 Court un directeur de la Fabrique de Brandevin à Kongsholme a tué solennellement 3 chevaux: au mois de Novbre Mr Ruckerskoeld à Stiernsund fit à ses gens un grand repas public en chair de cheval. Le Capite Cossua en a fait autant le 23 Court pres de Carlscrone.

En vous souhaitant un heureux voyage et toutes sortes de prosperités, je suis Mon Cher Fils, le tout Vôtre

GW de Sillén

Vers la fin d l'année 1786 on s'attendoit presqu'avec sûreté à une Diète ou Assemblée de Notables au Mois de Fevrier. Ce bruit est tombé, et on s'aperçoit, que l'idée en est venue de l'exemple de la France. Ici une telle Assemblée seroit inutile. Pour faire des reglems., le Roi n'en a pas besoin. Pour accorder des Impôts, les trois Ordres ne peuvent rien imposer au quatrième, qui contribue le plus.

Ne manquez pas d'assurer mes respects à Mrs les Envoyés de Suede, qui vous honorent de leur protection. La Baronne de Molhr [Mĺlhammar] a écrit à son beaufrere il y a 3 sems une lettre qui n'est partie encor.

Vôtre Mere Vous fait mille tendres comp., ainsi que Vôtre Tante d'Orby. Nous n'avons pas encore appris, si celle d'Arelenna est accouchée encore.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 3 juni 2008.
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