Brev frĺn Georg Wilhelm af Sillén till Gustaf af Sillén den 4 november 1786.

A Ryda ce 4 Novbre 1786.
Ankt. den 23 dito, besvt. den 2 December.

Mon Cher Fils,

J'ai à accuser trois lettres, que Vous m'avez fait le plaisir de m'écrire, de Molhamar le 8 Passé, d'Inguelsby le 14 et d'Ystad le 24. Je ne saurois exprimer dans une lettre, combien nous sommes tous penetrés de joye d'apprendre en même tems le bon état de Vôtre santé, l'heureux progrès de Vôtre voyage, et le contentement que Vous témoignez sentir d'avoir pris le parti de le faire cet automne à la suite d'un si bon guide et si solide Appui, que l'est Vôtre Cousin. Si, comme je l'espere, cette tournée Vous sera honorable et utile, ainsi qu'à la Patrie, nous en sommes entièrement redevables, après la Grace de Dieu, au bon coeur, aux lumieres et à la fermeté de ce Genereux Ami, qui en fut seul L'Auteur et le Promoteur. Je compte trop sur ses sentimens, pour revoquer en doute la continuation de ses bontés pour Vous, et je n'ai garde de Vous recommander de persister dans la bonne conduite qui Vous les a attirées: tellement je suis persuadé, que la Crainte de Dieu et l'Amour du Bien et du Beau, ces deux grands motifs de bien faire, ont jetté de fortes racines dans Vôtre Coeur.

Je Vous sais un gré infini des remarques contenües dans Vos lettres sur les objets que Vous avez vûs, et des détails où Vous êtes entré là dessus. Ils font honeur à Vôtre application et à Vôtre discernement, ils Vous fortifient dans l'usage d'écrire avec facilité, et ils font le plus grand plaisir à Vos Proches. L'interêt, que Vos Pere et Mere, Nous prenons à tous nos Enfants, également estimables et bien aimés, paroît augmenter en raison de l'éloignement où ils sont.

Nous avons appris par des étrangers, et avec la plus douce sensation du Monde, que Vos deux jeunes Freres les Marins ont passé leur examen public avec distinction, et surtout que Jean George a étonné L'Assemblée par ses lumieres dans les differentes Sciences, où on est entré avec lui. Je benis sans cesse le Bon Dieu de m'avoir rendu un des plus heureux mortels dans le point, que j'estime le plus interessant de la vie. Si je n'ai pas fait fortune dans le service à l'égal de quelques uns de Mes Camerades, si je n'ai pas amassé des richesses dans la vie privée, j'ai d'un autre côté à m'applaudir de tous mes Enfans. Jouissant encore d'une bonne santé et de la societé d'une Femme Cherie, je ne troquerais de bonheur avec qui que ce soit.

Ayant reçû la derniere de vos trois lettres vendredi passé le 3 du Court, je donnai cours le lendemain aux deux incluses pour Vos Freres à Stockholm, et celle qui étoit pour moi, va être communiquée aujourd'hui ou à eux, ou à nos Parens de Lillkyrka. C'est ainsi que circulent les lettres venuës de loin.

J'ai lû avec bien de satisfaction les lettres du Baron et de la Baronne d'Inguelsby au Baron d'Eka le Pere. On y marque avoir été très contens de nos Voyageurs, et je vois que le filleul de la Baronne y a été très bien accueilli.

Les pluies, qui gâtoient ou retardoientla recolte, n'ont pas discontinué tout le Mois d'Octobre. Nos petits grains, meteil [blandsäd, vete och råg] et aveine [havre], engrangés et sciés dans l'humidité, courent grand risque de se gâter à couvert. Le foin de hollmen, en meules [hövolm] depuis l'entrée de Septbre et lors de Vôtre depart, nageoit dans l'eau sans apparence de servir à rien, sinon à augmenter le fumier, ce qui encore auroit coûté un travail excessif et n'étoit guere faisable. A la faveur des gelées, survenües vers la fin d'Octobre, nous étendimes, dessechames une grande partie de ce foin, et nous en recueillimes une cinquantaine de chariots à l'usage de nos boeufs, pour suppléer à la petitesse du chaume.

Depuis quelques jours il fait ici un froid si rigoreux, que nous chauffons les apartemens deux fois par jour. J'en suis bien aise, tant en vuë de nos bleds en grange, trop humides pour s'y conserver autrement qu'à l'aide d'un froid excessif, qu'à cause de nôtre seigle en terre, trop avancé pour ne pas craindre que l'herbe n'en montât en tuyaux avant l'hiver.

Un des fermiers de Moesa, le petit Eric Olsson au gros nez, apprit il y a quelques jours à Mr Mattieu Rosenstein, comme quoi le Baron heritier d'Eka conte rebâtir ce chateau tout en briques au printems prochain, sur la hauteur où est maintenant le Magasin. Voyez comme les desseins des Puissantes percent ou plûtôt sont pressentis par les particuliers.

Il y a sur le tapis un projet de voyage à faire par Vôtre Mere pur Stockholm, cet automne, pour s'y faire querir les yeux par cet Ecclesiastique de Lapponie, dont les cures font du bruit. Pour s'y decider on n'attend que l'issûe de la cure, qu'il a entreprise, des yeux de Made Melin. Me Gilberg a offert l'apartement delaissé helas par le Comte Cronstedt. Il est question d'avoir pour compagnes de ce voyage deux de Vos Cousines, L'ainée de Vernesta et la Baronne d'Eka. On dit que ce prêtre a donné la vûe à une fille de Mr Sivers, Maître de Police surnommé Liljensparre, née aveugle.

Depuis plus de 8 jours on charrie des pierres et du gravier dans la rampe qui mêne du chemin à l'avantcour, et le tiers en est comblé.

J'ai noté parmi mes Agenda du printems prochain les Saules à replanter le long du chemin d'Ekhague.

J'ai eu depuis Vôtre depart une lettre de Mr le Prof. Gilberg, remplie d'amitiés et d'applaudissemens données au parti que Vous avez pris.

Pour bonifier par quelque honêtteté la nourriture que Vous prites chez Mr le Professeur les dernieres trois semaines de Vôtre sejour à Stockholm, nous lui avons fait present d'un teau de farine de seigle et d'autant de pommes de terre. Ayant appris qu'on avoit pris la farine pour un à compte, quoique dans ma lettre j'eusse prié le Professeur d'agréer l'un et l'autre des deux articles ans marquer de prix à aucun d'eux, je chargeai n'agueres Vôtre Frere Jean d'expliquer mon intention là dessus. Ce non obstant nous venons d'apprendre par Vôtre Cadet, que la Dame nous prie de ne pas defalquer sur les 300 dl., lui dûs en arrerages de Vôtre Pension, la valeur de la dite farine, crainte sans doute de diminuer ses épingles à la décharge du Mari. C'est pour terminer duplûtôt et avec evidence ce mesentendu que j'écris aujourd'hui à Vôtre Frere Jean de payer dans le cours de cette semaine ces 300 dl. sur les 1800, que je viens de demander à la Caisse d'esconte en emprunt pour 4 Mois.

Hier, jour de recette pour le Magasin de la Paroisse, il devoit y entrer 129 tx de grains plus de 32 tx en interêt: et je n'ai reçû qu'un tonneau et demiboisseau sur les interêts, et pas un grain sur le capital. Preuve de la misere des Paysans et d'une très foible recolte. Elle a rendu à tout le monde bien moins qu'elle ne promettoit. Apeine pourraije vendre de Ryda assez de grains pour en payer la rente, et en y joignant le produit d'Orby et de Vansioe, peutêtre pourraije livrer aux Forges 200 tx en tout. L'interêt seul du Magasin m'accommoderoit fort bien dans cette conjuncture. Mais les debiteurs étant presque tous insolvables pour le present, il me faudra attendre la rentrée de mes avances jusqu'à une année abondante, où je n'en tirerai que la moitié du prix actuel. A Falun le seigle est déja monté à 13 plates et l'orge à 9 ½. Les Fabriques Royales de brandvin offrent 9 ½ de lun et 7 de l'autre, mais elles ne trouvent quere de vendeurs. La misere du Peuple doit devenir extreme avant la prochaine recolte. Comme elle paroit devoir devenir abondante, nous verrons, quelles mesures prendra l'administration pour prevenir le trop forte baisse des grains.

Vous aurez bien appris avant de sortir du Royaume, que le Baron Josias Cederhielm a été fait Conseiller au Conseil de Commerce, avec Le Brevet antedaté depuis 1764, de sorte qu'il est tout à coup devenu Doyen de cette Compagnie. Sans doute il en sera bientôt nommé Vice President, afin de prendre un jour de plein pied la place de Mr Liliencranz, lorsque ce dernier aura epuisé tous ses expediens. Au defaut de quoi il attendra bien que la Premiere Presidence du dit Conseil vienne à vaquer.

Le Roi est à Upsales, avec le Prince son Fils, deux Senateurs et une petite Cour, depuis le 22 Octobre. On s'attend à de grands effets de cette Visitation, entr'autres à l'annoblissement d'un nombre de Professeurs.

Outre Mr Sivers, dont j'ai parlé ci dessus, Mr Nordin, Senechal, qui servit de principal oûtil dans le procès de Mr Gyldensvan, vient d'être annobli sous le nom de Nordensparre: L'un et l'autre creatures de S. E. Le Senateur et Gouverneur Sparre, ont inseré son nom dans les leurs.

Mr Troil, nôtre voisin à Scattmansoe, vient de conclure le marché de Vallhoff pour m 120 dalers Kmt, sur le pied du denier seize, à compter par le bail qu'en paye actuellement un paysan.

La Nomination à L'Intendance de Nôtre Province n'est differée, dit on, que pour donner le tems à la Veuve de feu Baron Moerner de se debarasser auparavant de tous les Creanciers du Defunt. Au reste Mr Schroederheim lui même aura fait entendre à la Veuve que cette place est destinée à Mr de Posse comme de droit.

On dit ici, que Msrs Ehrenhoff et Henri Sparre se sont battus à coups de pistolets sous les remparts de Hambourg, et que Sparre ayant tiré le premier par dessus la tête d'Ehrenhoff, ce dernier lui a donné à travers du corps et l'a étendu roide mort sur le quarreau. Vous apprendrez ou aurez appris à Stralsund ce qu'il en est.

C'est domage que Vous n'ayez pas passé par Christianstad. Vous auriez vû une forteresse bien reguliere et forte par sa situation au milieu de lagunes, et Vous seriez mieux en état maintenant d'en faire la comparaison avec Stralsund et les autres Villes fortes que Vous verrez. Ce n'est que la pluralité des objets qui enseigne à les apprecier.

Vendredi passé j'eus une lettre de Molhammar, par la quelle nous apprimes qu'on s'y porte bien. Il en est de même de Nos Parens d'Eka et de Vernesta. Le vieux Baron est en voyage, probablement à Hacsta.

Vôtre Oncle d'Acrelenna, Vôtre Tante, Made de Roek, Vos proches de Molhamar, d'Eka et de Vernsta, en un mot tous nos Amis et Voisins ont témoigné prendre la plus vive part au succès de Vôtre Voyage, et m'ont chargé de mille Complimens pour Vous.

Je Vous prie de bien faire les miens à Mr le Baron, Vôtre Bienfaiteur, et à Mr de Celsing, Envoyé à Dresde. Quelque envie que je sente de Vous recommander directement à l'un à l'autre, je me refuse l'honeur de leur écrire, pour ne pas leur donner la peine de me faire réponse autrement qu'en Vous faisant du bien, à quoi je les crois bien disposés sans celà. Ma Femme Vous salue tendremt et je prie Dieu qu'il Vous ait, Mon Cher Fils, en sa sainte garde.

GW de Sillén.

Till diarium för Georg Wilhelm af Silléns brev.

  Senast ändrat eller kontrollerat den 14 juni 2008.
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